X. Premier combat des confédérés. — Harangue de Palaski
Les troupes russes, sans attaquer les confédérés, avançaient de plus en plus pour les resserrer et leur couper la communication des palatinats voisins. Us n'avaient plus de liberté que du côté des frontières turques. Ceux-ci voulant continuer leurs incursions, les escarmouches devinrent inévitables. Il y eut plusieurs rencontres à leur avantage. Le cordon russe dans toute son étendue fut obligé de reculer; Pulaski assembla alors les confédérés à la tête de leur camp, et leur tiiit ce magnifique discours : « Enfin, grâce à « vous, braves Polonais, les perfides alliés de la Pologne en « deviennent les ennemis déclarés. Depuis soixante ans, une « guerre sourde et plus dangereuse que de sanglantes hosti- « lltés affaiblit et désole notre infortunée patrie. Un peuple
302 RÉVOLUTIONS DE fologub.
« exécrable qui ne peut être désarmé par la justice, Héchi « par la soumission, touché par les bienfaits) rassasié par le « pillage, a entrepris de nous subjuguer. INous avons em- « ployé jusqu'ici toutes les vertus qui nous sont propres^ « un mélange inouï de déférence et de fermeté ; mais ceux « qui nous ont donné ces grands exemples en sont deve- « nus les déplorables victimes. Les vertus les plus saintes « ont passé pour des crimes aux yeux de nos oppresseurs \ « et de généreux citoyens , nos pères et nos modèles, gé- A missent aujourd'hui dans des cachots inconnus, chez cette « nation barbare. Si jamais l'homme eut des devoirs à « remplir, ce sont ceux qui nous forcent enfin de recourir « aux armes. La république envahie, la religion outragée, R un État souverain mis sous le joug, la justice qu'on of" » frait de nous rendre devenue un piège, le droit des gens « foulé aux pieds, nos sénateurs enchaînés... Non, je ne « craindrai point de le dire, si les nations les plus serviles « éprouvaient du souverain le plus légitime tant d'injustices « et tant d'outrages, il n'en est point d'assez lâches pour les « souffrir; l'univers entier applaudirait aux efforts de leur u rébellion, et nous avons supporté ce qui dans les pays les « plus assujettis justifierait les séditions et les révoltes. Mais « quel est donc le tyran qui nous persécute ? Quel est ce « peuple insolent qui nous brave ? Rappelons-nous, il en « est temps, que ce vil peuple a toujours fui devant nos « ancêtres ; que ses empereurs ont prêté hommage à nos « rois ; que ses provinces sont rede venues les nôtres ; que s'ils « ont fondé au milieu des forêts et des déserts un nouvel « empire, c'est qu'alors nous étions occupés par d'autres « guerres. Rappelons-nous que de simples gentilshommes « polonais, pour venger leurs amis massacrés dans la capi- « taie de ce nouvel empire, assemblèrent leurs troupes do- « mestiques; et (que ne peut la vertu aninîée d'un juste