XXIV. Les troupes du comte Potoçki dissipées, et sa fuite en
Moldavie.
Les Russes avaient alors remporté un avantage considérable , mais qui devenait l'occasion de nouvelles craintes.
La petite armée du comte Potoçki avait été entièrement dispersée. Quatre cents Russes , pendant qu'il s'occupait à enlever les compagnies polonaises , saisissant le temps de son absence, surprirent et emportèrent la ville de Podhaïcé, dont il avait fait sa place d'armes. C'était le poste le pJus avancé des confédérés de la Podolie. A son retour, il voulut attaquer ces quatre cents Russes dans cette même ville ; mais ceux-4;i , pendant l'obscurité de la nuit^ feignant de capituler, firent une sortie. Cette attaque imprévue jeta l'épouvante dans ses troupes ; tout prit la fuite. Potoçki tâcha vainement de les rallier, la déroute fut totale. La plupart des compagnies polonaises l'abandonnèrent en l'accusant de leur avoir montré de faux ordres pour les engager à se joindre à lui. Il se sauva au-delà du Dniester avec le peu de troupes qui lui restaient fidèles , espérant trouver dans sa défaite l'occasion de compromettre la Russie avec les ïurks; et en effet , il fut poursuivi jusque sur le teçritoire ottoman. Le