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Ils aDDençaieiit de toutes parts qu'il leur arrivait du côté de rukraioe un secours de cinquante mille hommes. C'était l'annonce de ces affreuses atrocités.
Les ZapoFOves , que la crainte des Russes avait cette année contenus dans leurs îles^ furenl; préparés à ces désordres par les édits mêmes de l'impératrice. Elle se plaignait dans ces édits du soulèvement excité^ en haine de la religion^ grecque, ayant soin d'unir les Juifs aux Polonais, afin que ceux ci se trouvassent confondus dans la même haine. Le» Zaporoves sortirent donc de leurs retraites, sous le commandement de Zelezniak,' leur chef. C'est presque toujours quelque hardi aventurier,, célèbre ehez. les nations voisines,, par les écarts de sa jeunesse ou par quelque grand crime. Ils montrèrent aux officiers russes les édits de l'impératrice qui autorisaient leurs incursions. Ils étaient précédés de missionnaires russes qui allaient partout prêcher le même évangile aux paysans polonais. Ils avançaient en les soulevant. Les Zaporoves fournissaient des armes aux paysans, et ceux-ci les conduisaient de maisons en maisons. Tout ce qui n'était pas de la religion grecque, vieillards, femmes,, enfants, gentilshommes, valets, moines, artisans, juifs et luthériens, tout fut massacré. Toute la noblesse éparse dans ses maisons en Ukraine y fut égorgée. Les Juifs, plus haïs à cause de leurs concussions, furent presque tous brûlés, vifs. Ces scélérats s'amusaient à pendre aux mêmes potences un gentilhomme, un moine, un Juif et un chien,, avec cette inscription : Cest tout un. On vit à un même gibet une mère entourée de ses quatre enfants. Une de leurs troupes enterra tout vifs, et près les uns des autres^ plusieurs, centaines d'hommes, de manière que les têtes de ces malheureux passassent hors de terre, et ensuite ils les fauchèrent comme les herbes d'un champ. Oserai-jel'écrire, et la plume ne va-t-elle pas me tomber des mains? Ils ouvraient le
ventre des femmes grosses, et à la place des enfants qu'ils en arrachaient , ils y renfermaient des chats vivants. Il y en avait d'âgés à peine de dix ans ; ils étaient conduits à ces meurtres par leurs pères : ceux-ci tenaient les mains des malheureuses victimes liées derrière le dos, pendant qu'ils exerçaient ces enfants à égorger, à poignarder, à faire souffrir des morts lentes. Si un inconnu leur tombait entre les mains, et qu'ils le soupçonnassent de cacher sa naissance ou sa religion, ils le forçaient à massacrer de ses mains des gentilshommes et des prêtres. Tout ce qui pouvait fuir prit la fuite. On ne rencontrait plus dans les villages que femmes égorgées, enfants écrasés sous les pieds des chevaux. Un malheureux échappé de ce carnage traversa des villages dont les puits étaient comblés de cadavres d'enfants. Trois villes , cinquante bourgs et plusieurs milliers de maisons éparses dans les campagnes furent brûlés. Il restait encore la petite ville d'Human, un peu fortifiée, appartenant au palatin de Kïow. Une foule de femmes, d'enfants et de vieillards abandonnés sans défense , parce que tout ce qui était en état de porter les armes avait joint les confédérés, s'était réfugiée dans les murs de cette ville. C'était le dépôt de tous les effets précieux de cette province. Ou fît un horrible complot pour surprendre ces infortunés. Le général russe' commandant alors dans cette contrée fit secrètement avertir un major prussien qui y était avec cinquante hommes pour acheter des chevaux, de s'en retirer. On avait fait soulever tous les Kosaks polonais en leur donnant à entendre que l'admission des Grecs à toutes les dignités de la république allait eux-mêmes les associer au gouvernement. Le|complot se forma entre Zelezniak, chef de Zaporoves, et Conta, chef des Kosaks polonais. Celui-ci se présenta sous les murs d'Human , se fit connaître pour le chef des troupes du palatin à qui la ville appartenait ; il demanda du pain , en
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disant que la dévastation des terres et Tincendie des maisons en faisait manquer ses troupes. On lui ouvre pour lui porter des vivres. Il se rend maître delà porte. Les Zaporoves accourent ; on ordonne aux malheureux habitants d'apporter sur la place publique tous leurs effets, tout leur argent, pour racheter leur vie. Cet ordre exécuté, le massacre commence, avec le pillage de tout ce qui était resté dans les maisons. Seize mille personnes de tout âge, de tout sexe, furent égorgées. Enfin un évêque vint de Russie établir sa religion dans cette malheureuse contrée, dont la possession avait toujours été ambitionnée par la Russie ; et ce fut ainsi que toutes les autres religions y furent éteintes dans le sang et la domination russe établie par le massacre î
Il est impossible de savoir avec exactitude le nombre de ceux qui périrent dans ce carnage. Ceux qui en échappèrent, et à qui l'effroi en a sans doute fait exagérer le nombre, le font monter à deux cent mille personnes. Ceux qui ont présidé aux informations juridiques qu'on essaya ensuite de faire contre ce soulèvement, et dont l'intérêt était d'en diminuer l'horreur, ne font monter ce nombre qu'à cinquante mille (1).