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XXVI. Revers des confédérés de Bar

Pendant ce temps les confédérés, contenus par les troupes russes, ne pouvaient aller au secours de leurs familles qu'on égorgeait. Potoçki, au retour de la Moldavie, était tombé dangereusement malade , et Pulaski était allé avec quinze

(I) Voyez le Manifeste de Catherine II autorisant les massacres de VVhraine, dans le Recueil des trailé'S. cîc.,' concernant la Pologne, par d'Angebors; Paris, Chez Arayol.

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cents hommes recueillir les débris de cette armée battue. Les généraux russes , et Braneçki avec eux, saisirent cet moment pour mettre le siège devant la ville de Bar. Elle était à peine fortiûée contre un coup de main. Quelques ouvrages de terre, un fossé sec et une palissade, en faisaient toute la force. Le père Marc, ce religieux dont le zèle, poussé jusqu'à Théroïsme, avait tant contribué à former la confédération, monta sur le rempart au moment où les Russes eurent établi leur première batterie; et, avec une sainte confiance, il saisit l'instant où ils mettaient le feu à un canon, et fit un signe de croix. Le canon creva. Tous les assiégés crièrent au miracle, et crurent voir la main de Dieu s'armer pour leur défense. D'autres tentatives de ce patriote n'eurent pas autant de succès. Une sortie qu'il conduisait^ et qui avait en première ligne des prêtres en chappes et en surplis, portant des images de saints et des hosties consacrées, fut repoussée avec un grand carnage. Le père Marc disait alors aux confédérés que leurs divisions empêchaient le ciel de les bénir. Enfin, après quelques jours de siège, cette ville, le chef-lieu de la confédération, fut emportée d'assaut. Les confédérés, au nombre de douze] cents, furent mis aux fers et conduits en Russie. I^e père Marc tomba entre les mains des Russes. Son air saint et inspiré en imposa à ce peuple superstitieux. Les généraux ordonnèrent sa mort; les soldats se prosternèrent en lui ^demandant sa bénédiction. 11 se mit à leur faire des prophéties. Il leur annonça que sa mort serait la fin de leur empire ; ils le gardèrent avec un respect infini , et ils ne tardèrent pas à raconter des prodiges arrivés dans sa prison.

Dans le même temps , Kasimir Pulaski avait été forcé de se jeter avec treize cents hommes dans le monastère de Berdyczew. Il y fut assiégé. Outre les grandes richesses que la piété de plusieurs siècles avait amassées, la noblesse de ce

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canton l'avait choisi pour y déposer ce qu'elle avait de plus précieux. Kasimir se défendit plusieurs semaines. Le secours qu'il attendait fut battu ; et, pour lui ôter toute espérance, les généraux russes lui envoyèrent ceux des prisonniers qui ne pouvaient lui être suspects. Le manque de vivres te força de capituler. On ne viola que pour lui seul la promesse signée généralement pour tous les assiégés de les laisser libres. 11 fut retenu contre la foi donnée ; mais bientôt on lui proposa sa liberté, sous la condition d'aller porter aux principaux chefs des confédérés des paroles de con-» ciliation. 11 partit en effet, chargé des plus grandes promesses pour son père et tous les autres chefs, 's'ils consentaient à mettre bas les armes.

La nouvelle de ces victoires se répandit avec le bruit des massacres, et la cour n'osa se livrer ouvertement à la joie. Toute la Pologne frémissait. Chacun dans Varsovie cherchait à se disculper d'avoir attiré les Russes dans le royaume. Tous rejetaient ce crime les uns sur les autres. Repnin , voyant l'horreur qu'inspiraient ces affreux désordres, dit avec traaquiltité qu'il les ferait cesser quand il voudrait ; et il menaça la noblesse de tous les palatinats voisins des malheureuses contrées baignées dans le sang, d'exciter de pareils soulèvements si elle remuait. En effet, des émissaires étaient envoyés dans toute la Pologne pour y soulever les paysans ; tout était fureur, désolation, désespoir : on n'entendait partout que des lamentations sur l'indiflerence avec laquelle toute l'Europeregardait l'état d'oppression où la république était réduite. Les uns, alarmés de cette indifférence, n'osaient défendre leur liberté, de peur de perdre tout-à- fait le peu qui. en restait ; les autres s'animaient par la perspective de gloire que s'acquerrait la nation, en se procurant elle seule et par la réunion de ses propres efforts, le bien qu'elle am^ bitionnait de recouvrer. Un grand nombre de dames polo-

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naises envoyaient en Turquie, en présent aux sultanes, tous leurs bijoux, tous leurs effets.

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