‹ Révolutions de Pologne (volume 3)Chapitre 173 sur 184 · LIVRE ÎX · texte numérisé non relu

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si confuse résîstanee, dans un moment où toutes les passons étaient si vivement excitées, où l'ambition personnelle pouvait prendre des prétextes si honorables, où diaqne citoyen y pendant que deux empires si redoutés allaient combattre pour la destinée de la république, voyait son sort dépendre en quelque sorte de sa propre résolution, comment pouvoir espérer une conduite si mesurée et si patiente, et tant de prudence avec des intérêts si pressants? Une foule de confédérations éclataient avec témérité, et s exposaient à être écrasées avant d'avoir acquis quelque force. Quelquefois dans les mêmes districts, deux ou trois confédérations formées indépendamment Tune de l'autre, à cause du profond mystère qu'elles étaient obligées d'observer, éclataient séparément; et chacune prétendait que le chef qu'elle s'était donné était le véritable représentant du district. Des traîtres se mêlaient aisément dans ces nouvelles confédérations. Quelques-uns, il est vrai, étaient massacrés aussitôt que soupçonnés; mais ces massacres mêmes répandaient une défiance générale : et parmi les confédérations , ceHes qui étaient assez habiles ou assez heureuses pour se soutenir contre les incursions des Russes, devenaient suspectes de collusion avec eux.

XXXVI U. Intrigues de la cour de Saxe,

La cour de Saxe, commençant à entrevoir de plus près Tespérance du renversement de Poniato^ski, chercha aussitôt à former de plus intimes liaisons avec les confédérés ; mais cette cour intrigante , soupçonneuse, versée dans Tart de semer les défiances, peu contente de la réserve noble et digne de citoyens libres, avec laquelle les premiers confédéréslui avaient fait espérer la couronne, plus portée enfin, sui-

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▼ant Fesprit de toutes les cours, à se confier à de vils flatteurs qu'à des hommes vertueux et vrais, employa les médiocres secours qu'elle fit passer aux confédérés à discréditer leurs principaux chefs, et à tâcher d'élever à leur place des hommes livrés à ses intérêts.

XXXIX. Divisions parmi les confédérés. — Emprisonnement de Joseph Fulaski . — Ses derniers mots à ses fils.

Cependant Pulaski, animé par le succès qui suivait enfin son entreprise, impatient de rentrer en Pologne, publia, des frontières de Moldavie, où il était réfugié, une déclaration par laquelle il annonçait l'approche de l'armée tatare et la rentrée des confédérés sur les terres de la république. Il priait ceux de ses concitoyens qui habitaient près des limites d'amasser des vivres dans leurs châteaux , afin que le soldat trouvât une subsistance suffisante, n'ayant point de paie et n'apportant, disait-il, que son sang et sa vie pour la défense de la liberté; mais ce moment vit éclater aussi parmi les confédérés de Bar de funestes divisions. Depuis longtemps Potoçki travaillait à s'emparer de toute l'autorité; et la vacance du trône, regardée comme prochaine, donnait alors le plus grand motif à son ambition. 11 voyait avec douleur le commandement des troupes entre les mains de Pulaski. Dans ses désastres même, il avait sauvé presque tout son argent ; et celui-ci , au contraire, qui soutenait la guerre depuis plusieurs mois, avait épuisé toutes ses ressources. Déjà les confédérés étaient entrés en fureur contre lui, en apprenant que son éclat imprudent avait fait avorter tous lès desseins de l'évêque de Kamienieç. Le p«u d'estime que sa vie passée avait inspiré pour lui

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dvaît rendu ses moindres fautes suspectes de trahison. Il retrouvait, en faisant les plus grandes choses, la peine de cette espèce d*abaissement dans lequel il avait volontairement vécu. Potoçki parut embrasser Topinion de ceux qui craignaient l'invasion des armées turques et tatares en Pologne, et qui travaillaient à faire tomber ce fléau uniquement sur les provinces russes. Dans ces entrefaites arriva le jeune Kasimir Pulaski, chargé de porter aux confédérés des paroles de paix. Il avait écrit, il est vrai, à Repnin : « Qu'ih ne se croyait point tenu à une parole arrachée par la viO' lence ; qu'il n'exhorterait point son père à poser les armes, et qu'il comptait lui-même non- seulement les porter contre les Russes, mais conduire quelque jour les Polonais en Russie. r> Toutefois Potoçki, s'attachent à rendre cette famille suspecte, profita de cette commission à laquelle Kasimir devait sa liberté, pour répandre partout les plus odieux soupçons. Kasimir, impatient de s'en laver, obtint de son père quelques troupes, prit un long détour , passa le Dniester, battit un détachement russe, ramassa des fourrages, leva des contributions, et revint au camp , ramenant des prisonniers, des vivres et de quoi équiper les troupes. Une seconde incursion eut encore un succès plus heureux. II s'établit eu Pologne et s'y fortifia dans un poste avantageux. Son père vint l'y rejoindre; et tous deux, concertant leurs incursions, se rendirent mattres d'une grande étendue de pays, et préparèrent des magasins pour la subsistance d'une armée. Mais bientôt le séraskier tatare qui commandait sur ces frontières , prêtant l'oreille à de perfides insinuations, manda au vieux Pulaski de le venir trouver pour apaiser, disait, il, les divisions qui régnaient parmi les confédérés. Il s'y rendit ; et on apprit ensuite qu'il était étroitement gardé. Il écrivit à ses fils d'être tranquilles sur son innocence ; maïs quelle que fût sa destinée, de sacrifier leurs ressentiments,

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de ne jamais songer qu*à la patrie, et de justiGer sa mémoire par leur conduite.

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