XLV. opposition des puissances voisines^ à la réforme
du Ixberum vélo.
De toutes les réformes qu'il avait entreprises, la plus nécessaire était d'abroger cette folle loi de l'unanimité, source de tous les abus qui avaient perdu la république. Qu'un seul soit égal à tous, cette ancienne maxime des Polonais est infiniment dangereuse ; mais que chacun séparément soit
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pour rÉtat plus que tous les antres ensemble, que Topposition d'un seul sufGse pour détruire Tautorité de tous les citoyens réunis : la république de Pologne est la seule sur la terre qui ait subsisté plusieurs siècles avec un^principe si vicieux et si destructeur. Les Gzartoryski voulaient proGterde tous leurs avantages pour obliger la noblesse à renoncer à cette absurde prérogative. Cette proposition faite dans la diète y fut vivement appuyée et vivement combattue. Mais aussitôt que les ambassadeurs de Russie et de Prusse apprirent qu'il était question de cette importante réforme, tous deux s'y opposèrent; Keyserling produisit les ordres de sa cour, qui ne lui permettaient de condescendre à aucun changement ni sur cette loi, ni sur ses abus. Poniatowski présuma assez de son crédit sur l'esprit de la tzarine, pour s'engager à lui inspirer des sentiments plus favorables. Il proposa dans les-secrets conseils de sa famille, de suspendre toute délibération à ce sujet, jusqu'à une entrevue qu'il se flattait d'avoir bientôt avec cette princesse sur les frontières de Pologne. On disait, en effet, que tous deux avaient concerté de s'y rendre; et les préparatifs de ces deux voyages se faisaient publiquement. On cessa donc d'agiter cette affaire ; et pour sauver l'honneur de la nation, le primat déclara en pleine diète, que beaucoup de nonces n'étant pas autorisés par leurs instructions adonner leurs voix sur un si grand changement, il fallait le renvoyer à d'autre temps; mais le grand-chancelier parvint à éluder tout ce que cette mauvaise volonté des puissances voisines avait de funeste pour la Pologne. 11 avait attribué aux diètes le droit de nommer à toutes les places des quatre conseils souverains. Il établit alors, que pendant tout le temps où les diètes seraient séparées, le roi seul aurait cette nomination; et comme on était sûr qu'aucune diète ne se tiendrait en Pologne tant que la loi de l'unanimité y subsisterait, ce droit attribué aux
états devenait illusoire , et n'était réel que pour le roi. Par là, ToppositioD des puissances voisines à l'établissement de la pluralité, au lieu de maintenir la république dans ses anciens désordres, comme elles l'avaient prétendu, allait au contraire produire une singulière augmentation du pouvoir monarchique.
Dans les règlements faits par ces commissions, il employa d'autres artifices. f)es expressions générales déguisaient le rétablissement réel de l'ordre dans toutes les parties de l'Étal. Tous les projets qui se rapporteraient par quelque circons* tance que ce fût, au proût de la république, devaient au commencement des diètes être proposés par la commission du trésor, et décidés avant tout autre objet par la forme judiciaire, ce qui voulait dire par la pluralité» Tout pouvait entrer dans l'étendue de cette loi, si on reprenait assez d'avantages contre les puissances voisines, pour faire usage de cette expression captieuse. La commission de guerre fut établie sur le même pied que celle du trésor, et chargée de veiller à toutes les parties de l'administration militaire, telles que la levée des troupes, leur entretien, leur discipline et leur instruction. Une multitude d'autres règlements sur toutes les parties de l'État tendirent au rétablissement général de l'ordre ; et dans les règlements pour la commission de justice, on fit des lois favorables aux paysans, et qui restreignaient l'autorité excessive de la noblesse sur ces infortunés.