‹ Révolutions de Pologne (volume 3)Chapitre 44 sur 184 · XLIX. Conduite de Poniatowski · texte numérisé non relu

XLIX. Conduite de Poniatowski

Le comte Poniatowski donnait alors ses journées entières au soin de se faire peindre avec tous les ornements de la dignité royale. Uniquement occupé de frivoles intrigues , il offrait aux femmes qu'il voulait séduire, Fespérance de le gouverner sur le trône. Dans une de ses lettres qu'on surprit dans ce temps-là, il disait à une jeune princesse polonaise : « Qu'il préférait un seul de ses regards , aux plus tendres faveurs des têtes couronnées ! » On répandit avec profuion des copies de cette lettre , dans laquelle se trouvaient encore d'autres expressions capables d'offenser la tzarine ; mais ce fut alors même que les ambassadeurs de Russie et de Prusse prirent une audience du primat, pour nommer authentiquement ce jeune Polonais, comme le candidat que leurs cours protégeaient. Celte démarche, prévue depuis longtemps , produisit néanmoins la plus vive sensation. Les uns voyaient avec plaisir approcher le temps des récompenses promises , et affectaient d'autant plus de joie que les grâces ne pouvant suffire à contenter tous ceux qui en attendaient, chacun voulait mériter des préférences. Les. autres sentaient , avec désespoir, qu'ils allaient être forcés de recevoir un maître dont ils méprisaient la naissance^ dont ils haïssaient la personne, et dont tant d'innovations leur faisaient redouter les desseins. Les bruits d'un prochain mariage^ entre l'impératrice et le roi désigné se renouvelaient de toutes; parts. Cette princesse était attendue à Riga ; et lui, de soncôté, avait fait de magnifiques apprêts pour s'y montrer avec une pompe presque royale. Tous les États voisins commenr raient à craindre de voir la Russie et la Pologne sous une même domination, el une si énorme puissanco entre les

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