LIV. Voyatje de la tzarine sur les frontières de la Pologne
L'impératrice de Russie faisait alors sur les frontières de son empire et de la Pologne, ce voyage annoncé depuis le commencenïent de l'interrègne , et devenu l'objet d'une attente générale. Elle y vint, à deux cents lieues de sa capitale,, s'assurer par elle-même de tout ce qui avait rapport à la marine, au militaire et au civil dans la province de Livonie, qui conserve encore sous le despotisme russe une administration et des privilèges particuliers. Elle s'instruisit de tous les détails, elle vit tout par ses propres yeu.v; c\k vint aussi
jeter quelques regards sur la Kourlande, et y recul avec fierté les hommages de Bireû dans la souveraineté qu'elle lui avait rendue. Poniatowski était attendu sur cette frontière. Il avait mis la plus fastueuse ostentation dans les apprêts de son voyage. Il avait depuis longtemps annoncé cette entrevue, et on ne doutait pas qu'elle ne produisit les événements les plus extraordinaires. Mais Orloff, dont la faveur avaitdansce moment plus d'éclat que jamais, annonça que si cet ancien rival osait paraître, fût-il déjà roi, il le ferait poignard€r, et qu'aucun déguisement ne pourrait le soustraire à sa vigilance. De nouveaux ennemis que les Czartoryski s'étaient faits dans leur propre faction, saisirent au contraire cette occasion pour former des liaisons personnelles dans la cour de Russie. Quelques-uns se rendirent à Mittau, sous des prétextes vraisemblables. Us s'adressèrent au comte Orloff, et portèrent à ce favori leurs plaintes sur l'ambition de son ancien rival et sur tous les changements faits à la constitution dans la dernière diète. Pendant que la tzarine s'oc* cupait dans cette province de tous les objets de ladmiuistration, et paraissait remplir si dignement les devoirs du tAnie, un horrible événement se passait dans Tintérieur de son empire.