LVII. Pourquoi ce changement n'eut pas lieu
Mais Keyserling était sur le bord du tombeau ; ce caprice tm[)ortunait ce vieillard mourant. Poniatowski, que depuis longtemps il appelait son Gis, se jeta à ses genoux, fondant en larmes, lui jura de ne se conduire sur le trône que par ses lumières, et que sous le nom de Poniatowski, ce serait en effet Keyserling qui régnerait. On ajoute que le ministre Panin avait eu l'adresse d'insérer dans cette lettre de l'impératrice, un billet .particulier pour le prince Repnin, par lequel il disait que l'impératrice avait eu un ipoment de
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timidité ; que ce serait la bien servir que de ne pas lui obéir dans cette conjoncture, et qu'il prenait sur lui Tévénement. Les ministres russes niandèrent donc à leur souveraine qu'il n'était plus temps, et qu'il suffisait pour rassurer les Turks, et faire tomber le motif de l'exclusion qu'ils donnaient au comte Poniatowski, de stipuler, dans les conditions que la république devait imposer au roi, celle de ne se marier qu'avec une Polonaise .
LVni. Pacla conventa.
Douze ^nateurs avaient été chargés de rédiger ces conditions ; et dociles aux volontés du grand-chancelier de Lithuanie, ils avaient achevé, par cet acte même, le singulier édifice de cette nouvelle monarchie. Les quatre régiments des gardes soumis immédiatement aux ordres du roi ; les hôtels des monnaies et les bureaux des postes remis entre ses mains ; le droit de s'approprier, à son choix, quatre des plus beaux domaines destinés à la noblesse : telles étaient les nouvelles prérogatives ajoutées encore, en cette occasion, à toutes celles dont ont avait augmenté l'autorité royale. 11 s'éleva, à ce sujet, quelques oppositions. Des étin^ celles de liberté jetèrent encore quelqu'éclat sous les débris de toutes les anciennes lois. Dans le même temps , ^ Fambassadeur de Prusse demanda formellement, qu'une des conditions imposées au nouveau roi, fût de ne se marier qu'avec une Polonaise ; et ce qui remplit tous les esprits d'étonnement, l'ambassadeur et le ministre de Russie firent la même demande, et insistèrent plus fortement encore sur cette même condition. Mais lesCzartoryski parvinrent à éluder ces instances, en remettant jusqu'après l'élection à régler tous les points contestés. Enfin, le 7 de
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septembre 1764, au milieu de toutes les cérémonies prescrites par Tusage et la loi, le comte Poniatowski fut élu roi d'une vois unanime, par la noblesse qui se trouva présente au champ électoral. Le vieux Keyserling était près d'expirer, après avoir eu la singulière destinée de faire élire trois souverains, chacun contre le gré de la nation qui Tavait élu.