‹ Révolutions de Pologne (volume 3)Chapitre 62 sur 184 · IX. Repnin brouillé avec les princes Czartoryski, et devenu · texte numérisé non relu

IX. Repnin brouillé avec les princes Czartoryski, et devenu

ambassadeur malgré eux.

Repnin, par des raisons différentes, tenait sur la confédération un langage entièrement semblable. Repnin était en quelque sorte l'âme et le chef de cette société de jeunes hommes et déjeunes femmes qui, dans la faction dominante et devenue maîtresse de TÉtat, formaient depuis quelque temps un nouveau parti ; il était lié avec tous les jeunes confidents du nouveau roi, qui par l'activité de leur démarches se flattaient tous qu'il leur devait la couronne. « C'est moi seul qui l'ai mis sur le trône, » disait hautement chacun d'eux. Et ils étaient tous également persuadés de l'avoir emporté sur la prétendue cabale des vieillards, dont la modération avait été suspecte à leur impatience. Chacun d'eux croyait juste que toute l'autorité fût remise en ses mains, et se flattait de régner sous le nom du roi. Ils voyaient avec chagrin que la confédération générale, dirigée par les deux princes Czartoryski, rendit ces deux vieillards les seuls maîtres de l'État. Ceux-ci, depuis la mort de Keyserling, faisaient tous leurs efforts pour détourner le malheur d'avoir en Pologne Repnin pour ambassadeur. Leur inimitié avait pris le prétexte de tous ses vices pour le discréditer à sa cour; et véritablement sa légèreté, ses dettes et ses débauches inspiraient trop de défiance contre lui à ceux mêmes qui avaient de pareilles mœurs ; son ignorance aitière et ses emportements révoltaient ceux mêmes qui s'étaient le plus bassement vendus à toutes les volontés des Russes ; et sou extravagance ne laissait aucune prise ni à l'adresse la plus

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souple, ni à la patience la plus soutenue. Repnin n^tgnorait pas qu^on s'était plaint de lui à sa souveraine; il avait pendant plusieurs semaines attendu son sort avec inquiétude. Mais le crédit des jeunes Polonais à Pétersbourg remporta sur les plaintes des vieillards. Repnin, nommé ambassadeur malgré ceux-ci, s'efforçait d'arracher de leurs mains toute l'autorité du nouveau règne, et joignait au désir de les humilier et de se venger, Fimpatienoe d'exercer lui-même toute cette autorité.

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