‹ Révolutions de Pologne (volume 3)Chapitre 63 sur 184 · X. Écrits pour et contre les nouvelles lois · texte numérisé non relu

X. Écrits pour et contre les nouvelles lois

Mais les Czartoryski, loin de céder aux murmures de la nation, aux inquiétudes des puissances voisines, et aux intrigues qui se tramaient dans leur propre parti, poursuivaient leurs desseins avec une constance inflexible ; et ils avaient résolu de consommer leur ouvrage dans la diète qui suit le couronnement, la dernière des assemblées occasionnées par le changement de roi. Ils avaient tâché, par des écrits anonymes répandus dans le public, de démontrer les avantagés des changements faits à la constitution, et mépoie de justifier les rigueurs exercées sur quelques citoyens. On disait dans ces écrits : « Qu'un peu de violence, quoique suspecte de tyrannie, est malheureusement nécessaire dans toute révolution ; que la plupart des législations anciennes, si admirées aujourd'hui, ne se sont établies que par de semblables violences ; que Lycurgue lui-même avait d'abord pris les armes contre les Spartiates, et s'était ensuite servi de leur crédulité, joignant ainsi la surprise à la force, pour faire adopter les plus sages lois qu'il y ait jamais eu sur la terre ; que ce malheur est en quelque sorte inhérent à la nature des plus utiles réformes, parce que les mauvaises mœurs et tous les abus qui rendent

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ces réformes néeessaireB, rendent les citoyens incapables d'y consentir ».

Les adversaires des nouvelles constitutions publiaient de leur côté que le nouveau législateur de la Pologne avait employé beaucoup de génie et dHntrigues, une science profonde, une subtibilité incroyable à faire un ouvrage insensé ; publiant cet ancien mot d*un Athénien : « Le monstre le pha ridicule est une tyrannie impuissante, La Pologne, disaient-ils, ne pouvait pas croire ses maux réparés par rétablissement de ce despotisme ; les cours voisines ne pouvaient pas tarder à reconnaître le piège où il les avait engagées ; il était facile de prévoir qu'elles s'en irriteraient, qu'elles renverseraient avec fureur un édifice si vaste et si témérairement élevé ; lui-même, en croyant les tromper, avait favorisé l'accroissement de leur autorité ; il avait abattu les anciennes digues, qui , toutes faibles qu'elles étaient, servaient encore à les arrêter; et les digues nouvelles qu'il avait cru leur opposer ne pouvaient pas s'affermir assez tôt pour résister à leur violence. Ils ajoutaient que cette faction, protégée par la Russie, et devenue si puissante par cette protection, en deviendrait elle-même la première victime, et ressemblerait à ces malheureux qui, croyant avoir apprivoisé des animaux féroces, finissent tôt ou tard par en être dévorés »<

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