XVI. Pr»}et de la tzarine d'ériger un nouveau royaume pour
son nouvel amant.
Mais indépendamment de cette lettre et de l'espèce de promesse qu'elle contenait, Catherine recueil kiit déjà de cette démarche le prix qui la flattait le plus,, un grand éclat de renommée attaché a cette protection ; et si son or* gueil était blessé , sa vanité était satisfaite. Ne se croyant plus menacée de la guerre, qui avait été près d'éclater au moment qui suivit l'élection, ^Ue se livrait aussi sans inquiétude à cette autre vanité d'avoir élevé son ancien amant sur un trône. On a vu écrit de sa main sur les marges d'un livre, à côté du nom d'Elisabeth, reine d'Angleterre. « Il n'a manqué au bonheur de cette princesse que d'avoir un royaume à donner au comte d'Ëssex. Il semblait aussi à Catherine qu'il ne manquât plus à son bonheur que d*avoir un autre royaume à donner à son nouvel amant. Elle s'occupait de lui en composer un vers les plaines d'Astrakan, à l'autre extrémité de son empire. On y aurait bâti une nouvelle capitale, dont le plan était déjà exposé dans les cabinets de ce favori. Cette princesse, occupée tour à tour parles soins du gouvernement intérieur de ses vastes États , par les distractions que lui causaient ses plaisirs, par son goût pour des lectures capables de cultiver et d'orner son
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esprit, par ses correspondances avec des hommes célèbres, dont les éloges lui paraissaient la véritable gloire ; enfin partons les soins qu'elle donnait à l'ostentation' de tous les genres, s'occupait peu des affaires intérieures de la Pologne. Elle méditait un voyage dans les provinces les plus reculées de la Russie, dont Tobjet réel était de visiter l'emplacement proposé pour la capitale du nouveau royaume qu'elle avait dessein d'ériger pour le comte Orloff. Elle aurait eu ainsi aux deux extrémités de son empire deux royaumes dépendants de ses volontés , et elle aurait placé ses amants sur chacun de ces trônes.