XXXIX. Accommodement en faveur des dissidents
Cependant Repnin, dès le commencement^ de la diète, avait reçu Tordre de sa souveraine de modérer les demandes en faveur des dissidents ; et dans le temps où il cherchait à se concerter avec l'évêque deKrakovie sur la dissolution des nouvelles lois, il lui avait envoyé le référendaire Podoskj., avec un projet d'accommodement sur tout ce qui était relatif à la religion. L'espérarice de ramener la tranquillité dans.
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la république, eo trouTant quelques moyens de conciltatioD sur une affaire si dangereuse, était un des motifs que Podoski avait le plus fait valoir, pour nouer quelque correspondance entre cet évêque et Tambassadeur russe. Ils étaient convenus que les dissidents pourraient parvenir aux dignités des provinces, à l'exception de celles qui exercent une magistrature perpétuelle ; qaWs pourraient être élus députés au nombre de deux par province, pour les tribunaux suprêmes : enfin tout était pr4t à se concilier. Le roi seul montrait encore un zèle apparent pour Thonneur de la république, afin de ne pas laisser à Févêque de Krakovie le mérite de cet accommodement. Mais cette dernière résistance paraissait facile à vaincre, et on entrevoyait enfin le moment où la Pologne allait rentrer dans le calme, du moins dans cette paisible anarchie où elle avait vécu heureuse pendant quarante années ; lorsque tout à coup de nouveaux ordres arrivés de Russie vinrent changer entièrement la face des affaires.
XL. Nouveaux ordres de Russie contraires à cet accommodement,
La tzarine avait appris avec indignation les résolutions courageuses que Pouiatowski avait paru annoncer avant le commencement de la diète. Elle lui reprocha hautement d'avoir fait une affaire de religion de ce qui n'était, selon elle, qu'une alTaire de politique. Elle lui reprocha surtout de l'avoir jouée par cette fausse promesse. Cette femme hardie, entreprenante et artificieuse , qui, pour s'affermir sur un trône toujours ébranlé, et pour éteindre dans leurs principes les conjurations qui se renouvelaient sans cesse en faveur de son fils, travaillait à multiplier les embarras du gouverne-
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ment, présenta sous les yeux de son conseil la n^sistance qu'elle éprouvait en Pologne, comme un outrage fait à la religion grecque, comme une j)ersécution opiniâtre que la piété et rîDtérét de l'État rengageaient également à venger. Elle trouva, dans la superstition de ses sujets, le moyen de leur donner un intérêt commun avec ceux de sa politique. Le roi de Prusse , dont la colère contre Poniatowski se livrait aux propos les plus outrageants, instruit de raccommodement qui se préparait à Varsovie , se pressa d'écrire h cette princesse que ce n'était pas le libre exercice des différentes religions qu'il s'agissait d'établir en Pologne; qu'il fallait réduire la question à son véritable point, à la demande de la noblesse dissidente : lui faire obtenir l'égaKté qu*elle demandait, et la participation à toutes les parties de la souveraineté. On ajoute que cette princesse ignorait l'aceommodement prêt à se conclure ; que le ministre Panin, dans sa nonchalance mélancolique, dédaignait d'ouvrir les dépêches de son neveu , et n'avait pas rendu compte à sa souveraine de la nouvelle situation des affaires ; enfin, comme si la destinée eût voulu, dans le même temps, affranchir cette princesse de tout ce qui aurait pu la retenir, les Turks, devenus plus attentifs à l'oppression de la Pologne, et qui commençaient à exiger positivement la sortie entière des troupes russes de toutes les terres de la république, éprouvèrent alors les cruelles plus calamités. De fréquentes secousses de la terre renversèrent à Constantinople tous les édifices publics ; cette ville ne présentait qu'un amas de décombres. La terre fut plus de quatre mois sans se raffermir. L'efifroi général produisit le mécontentement public. Toute l'attention du ministère était absorbée par le soin de maintenir l'ordre parmi un peuple séditieux , et qui regardait cette suite de calamités comme les signes évidents de la malédiction céleste sur le gouvernement actuel. T^e sultan se voyait à regret forcé
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d'ouvrir ses trésors pour la reconstruction des bains^ des mosquées,, de tous les édifices. publics. Le soin des affaires extérieures fut quelque temps abandonné; et la tzarine se vit encore débarrassée cette fois des inquiétude que Tatteation du divan commençait à. lui causer*.
Xlil. Catherine^'engagt à soutenir les. dissidents par la force
des artnes.
Cette princesse et les principaux membres de son conseil signèrent entre les mains du député des dissidents la promesse de seconder à main armée les efforts qu'ils proposaient de faire, en se confédérant pour arrachée par la force tout ce que la république leur refusait. L'impératrice promit de les soutenir avec une armée de quarante mille hommes. et Repnin eut ordre de ne plus mettre aucunes bornes à toutes leSh demandes déjà faites eu leur faveur.
XLII. V ambassadeur de Russie ,. le ministre Pmsse^ le nonce du pape, prennent audience des états, au su^et de VaJJaire des dissidents.
Repnin demanda alors audience aux états ; il prit place à oôté du trône , et remit au roi un mémoire où les demandes des dissidents étaient sans mesure. Il ajoutait dans cet écrit : « Que le refus constant de leur rendre justice romprait le contrat qui les unissait au reste de la nation, et leur rendrait pleinement, avec la liberté narturelle, celle d'en appeler au reste du genre humain, et de se choisir parmi leurs voisins, des juges, des alliés et des protecteurs ». Le ministre de Prusse se présenta aussi à la diète , avec moins
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d'appareil, pour leur recommander la même affaire. Mais ce ministre , faux et artificieux sous le voile de la candeur, excitait d'un côté le prince Repnin à tout emporter par la force, et assurait d'un autre côté les évêques et les plus fanatiques de leurs partisans, que son maître ne serait point offensé de leur refus. Pour contrebalancer les sollicitations publiques et pressantes de ces deux ministres, le nonce du pape demanda aussi une audience aux états. T^e peuple accourut en foule sur son passage, et versait des larmes de joie. La diète le reçut avec un. égal enthousiasme. Il recommanda très-éloquemment les intérêts de la religion ; et le chancelier lui répondit,. au nom du roi, que les états ne permettraient pas qu'elle souffrît le moindre détriment.