XLVI. Démarches des dissidents pour se confédérer
1j&& dissidents, assurés d'être soutenus par une armée russe, se préparaient à emporter par la force ce que trois diètes consécutives leur avaient refusé. Quelques-uns d'entre eux n'approuvaient pas ces violentes mesures. Ils disaient
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qae le salut de la patrie est la première de toutes les lois ; que chez toutes les nations, beaucoup d'injustices, qu'il aurait mieux valu prévenir, avaient, par laps de temps^ acquis force de loi ; que les maximes sur lesquelles on voulait fonder cette entreprise, ébranleraient toutes les constitutions ; qae la tolérance dont ils jouissaient, avant même d'avoir obtenu les nouveaux privilèges qu'on venait de leur accorder, était la plus grande qui fût connue en Europe; et que, dans tous les cas, il valait mieux se soumettre à l'ipjustice de leurs concitoyens, que d'ébranler tout TÉtat, et de finir peut-être par soumettre la république elle-même à une autorité étrangère. Mais ceux qui avaient engagé cette affaire^ ne se croyaient plus maîtres de reculer. Les Goltz^ avaient levé sans bruit un grand nombre de soldats ; et, depuis longtemps, l'un d'eux, colonel dans les troupes de la Couronne, avait eu soin de ne composer son régiment que d'officiers et de soldats protestants. Mais le droit de se confédérer, sans passer pour rebelle, étant un droit de la noblesse, en activité dans la république, les dissidents^ regardés seulement comme sujets, en usurpant ce droit, eussent fait un acte de rébellion ; d'ailleurs ils craignaient, en se réunissant en un seul corps, de déceler eux-mêmes combien ils étaient peu nombreux. Ils cherchaient donc à faire cause commune avee les mécontents, à confondre leurs plaintes avec celles que la ré* publique pouvait avouer comnoe légitimes, à se lier avec tous ceux qui se plaignaient du gouvernement actuel et désiraient le rétablissement des anciennes lois. Ils firent proposer au prince RadziviU d'être maréchal de leur confédération. Ce prince, dépouillé de tout, traité en criminel, abandonné par les cours alliées de la Pologne , attendait à Dresde, où il s'était réfugié, que des événements plus heureux lui rendissent sa première fortune. Les dissidents lui firent représenter qu'il pouvait rentrer dans toutes ses dignités, dans tous
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ses biens, à l'aide de la puissance même qui l'avait persécuté; que^ proscrit par des lois injustes, il deviendrait le cheF de la république et le réformateur des lois. Pour ne lui laisser aucun doute sur leurs propositions, ils lui firent communiquer la correspondance qu'ils avaient eue avec la cour de Russie;, ils offrirent de lui envoyer une promesse signée de l'impératrice et de tout son conseil, de protégercette confédération contre tout opposant, et la promesse même de confier aux ordres du maréchal toutes les troupes qui seraient néces* saires. Radzivill rejeta ces propositions, résolu de demeurer pour jamais dépouillé et proscrit, plutôt que de se rendre le chef d'une entreprise désavouée par le plus grand nombre de ses concitoyens, et regardée comme une rébeilion. Tous ceux des mécontents auxquels les dissidents firent la proposition de se joindre à eux, les refusèrent également ; de sorte que, malgré leur petit nombre, ils se virent réduits à former seuls une confédération.
XL vu. Manœuvres de Podoski, pour soulever la nation contre
le roi.
Mais, pendant ce temps, le référendaire Podoski, devenu le confident de Repnin^ admis dans tous les secrets de l'ambassade russe, instruit de toute la colère que la conduite du roi, pendant cette diète, avait inspirée à l'impératrice, parcourt les provinces, pour rallier les principaux mécontents et leur proposer le délrônement de Poniatowski. Il porte à chacun d'eux des lettres de Repnin, qui leur mandait d'ajouter une foi entière à tout ce que leur dirait Podoski ; et celui-ci les assure que le temps de la vengeance est arrivé ; que la tzarine a reconnu toutes le^ injustices qu'on avait eu Taudace d'autoriser de son nom, pendant Tinterrègoe ; que