‹ Révolutions de Pologne (volume 3)Chapitre 94 sur 184 · LIVRE \II · texte numérisé non relu

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non-seulement elle consentira à les laisser s'assembler, pour détruire le nouveau 'gouvernement, rentrer dans leurs anciennes lois, ou en établir de nouvelles à leur gré, mais qu'on peut obtenir d'elle une justice plus entière ; que la conduite du roi, toujours tissue de petits artifices, avait démenti le langage que son ambassadeur tenait à Pétersbourg ; que s'étant aperçue de cette mauvaise foi, elle en avait conçu la plus violente colère, et qu'elle était entrée contre lui dans le ressentiment du roi de Prusse; en un mot, qu'elle avait regret à son choix : qu'il ne s'agissait plus que de ménager la vaine gloire de cette princesse dans le goût qu'elle avait eu autrefois pour lui, en avouant qu'il avait donné des espérances que son élévation avait démenties, et qu'il avait trompé l'attente de la nation. Il ajoutait encore que Panin, si longtemps favorable à ce prince, avait entièrement changé de système; que Repnin, brouillé avec lui, et déchu, par cette rupture, de toutes les espérances de fortune qu'il avait fondées sur la vente des grâces polonai • ses, voulait s'unir à tous les ennemis du roi, et leur fournir des armes pour le renverser du trône ; qu'il fallait profiter de ces heureuses circonstances, former un& nouvelle confédération générale contre tout ce qui avait été fait de violent et d'illégal depuis la mort du feu roi, comprenant, dans ces expressions, et l'établissement de quatre conseils souverains, et la proscription de Radzivill, et toutes les grâces données par Poniatowski, et son élection même. Les plus zélés citoyens se laissaient séduire par la promesse de tout ce qu'ils désiraient; ils ne doutèrent pas que l'impératrice, qui parlait sans cesse de justice, de magnanimité et d'amour du genre humain, après avoir reconnu combien on l'avait trompée^ ne rendît enfin à un peuple libre son gouvernement et son indépendance. Plus elle déployait de puissance contre une nation désarmée,^ plus ils se persuadèrent aisé-

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ment qu^eUe avait dessein de disposer une seconde fois du trône.

XL VIII. Signification faite par la tzarine au rai.

Mais d*un autre côté, cette princesse, en renvoyant au roi cette quantité de lettres qu'elle en avait reçues sans daigner les ouvrir, lui Gtdire qu'elle voulait que les dissidents, de quelque manière que ce fût, obtinssent toutes leurs demandes ; qu'elle le rendait responsable de l'événement, que le retour de sa bienveillance était uniquement à ce prix ; que scm intention n'était cependant pas qu'il usât de violences, et qu'elle ne les lui conseillait pas : comme si un roi de Pologne pouvait user de violences ! comme s'il pouvait dans cette république rien faire par son autorité ! Ainsi, cette princesse tentait en même temps tous les moyens opposés, et qui devaient mutuellement se détruire ; protégeant la confédération des dissidents, qui, réprouvée par les lois, devait indigner la nation contre eux ; laissant former la confédération des mécontents, qui allaient soulever tout le royaume contre la cour ; et promettant au roi le retour de sa bienveillance, s'il faisait réussir un dessein pour lequel il aurait eu besoin de tout son pouvoir : de sorte que toutes ces intrigues étant fondées sur des moyens contradictoires, il était impossible qu'en agissant à la fois , elles produisissent autre chose que des troubles.

Quarante mille Russes entraient en Pologne, y occupaient sans obstacle les postes les plus avantageux, y établissaient des magasins pour un long séjour. Les détachements, à portée de se soutenir d'une province à l'autre, formaient un grand cordon, et tenaient ainsi, par la faute du roi, tout le royaume en respect.

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