I. Confédération des dissidents
Les dissidents, après avoir vainement tenté d'associer à leur ligue les principaux mécontents, abandonnés de tous ceux même qui avaient à se plaindre du gouvernement^ se virent enGn réduits à former seuls leur confédération. Un corps de deux mille Russes fut envoyé d'avance dans la ville de Thorn pour les soutenir, et un autre de pareille force dans la ville de Sluck en Litbuanie. Assurés d'un tel appui, ils cachèrent cependant leur projet et leurs mardies, et se rendirent, le 20 mars 1767, par des chemfns détournés, dans Tune ou l'autre de ces deux villes. Ceux de la Prusse, afin de grossir leur nombre, avaient a^ pelé tous leurs parents de la Prusse brandebourgeoise, quoique ceux-ci fussent sans intérêt dans cette querelle. Les noms des vieillards décrépits et des enfants à la mamellt? furent inscrits comme si c'eût été leurs propres signatures, et des détachements russes furent envoyés dans les provinces de Krakovie et de Sandomir, faire signer de force quelques familles qui ne voulaient prendre aucuiie part à ces troubles. Il fut alors prouvé que ce que la cour de Russie appelait une grande partie de la nation consistait, suivant le nombre même auquel ils parvinrent par ces moyens
frauduleux ou violents , en cinq cent soixante-treize gentilshommes, faisant profession de la religion luthérienne ou calviniste. Il y avait, il est vrai, un bien plus grand nombre de Grecs schismatiques ; mais ils n'avaient aucune sorte d'intérêt aux prétentions des dissidents. C'était des marchands, des artisans et autres gens de cette classe, qui ne prétendaient point aux prérogatives delà noblesse polonaise, et dont la plupart ne savaient même pas que leur religion fût alors protégée si puissamment. Un évêque de oette ;religion, lequel étaitsujetde l'impératrice de Russie, adhéra seul à la confédération de Lithuanie, au nom, disait-il, de tous 1«6 Grecs. Cet évêque, nommé par les tzars, et dont l'envoi dans les provinces polonaises de la religion grecque avait été toléré depuis dix-huit ans, voulait maintenant entrer dans le gouvernement de la république.