‹ Révolutions de PologneChapitre 149 sur 282 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

chures du Borysthène et les embouchures du Danube, qui laissent entre elles un espace de cinquante lieues , divisé en deux parties égales par le cours du fleuve Dniester. A son approche, les Tatars reculèrent leurs différents campements. Dans cette contrée habitaient ceux qui, depuis quelques années, se livraient aux travaux de l'agriculture. Ils avaient récemment partagé en propriétés particulières ces grandes plaines qui précédemment étaient des pâturages communs à leurs différentes tribus. Ils vendaient leurs récoltes aux peuples voisins, amassant toujours et ne dépensant rien, vêtus des peaux de leurs brebis, se nourrissant de la chair de leurs chevaux et du lait de leurs juments. Dans l'abondance de tout ce qui suffit grossièrement aux premiers besoins de la vie, ils ne retiraient encore de l'agriculture que le plaisir d'un gain légitime, sans avoir abandonné, au milieu de cette richesse nouvelle, leur antique sobriété. Attachés à la branche de Krim-Gueray, que leur soulèvement avait autrefois placé sur le trône, ils craignaient le nouveau kan, choisi dans la branche que leurs révoltes avaient détrônée. Les séraskiers, qu'ils aimaient , venaient d'être destitués. Ils s'attendaient à l'envoi d'autres séraskiers, qui leur étaient encore inconnus. Aucun concert n'avait pu se former entre eux et ces chefs. Il n'y avait non plus aucun concert formé entre eux et une garnison étrangère dans ces climats, venue des bords de TEuphrate pour défendre Beuder, et qui, sans liaison dans les contrées voisines, ne songeait qu'à vaincre ou mourir dans les remparts où elle était enfermée.

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