‹ Révolutions de PologneChapitre 155 sur 282 · LITRE XII · texte numérisé non relu

LITRE XII

longeant le bord septentrionnal du fleuve , se rendit dans la même province; et ses escadrons épars inquiétaient les corps avancés de l'armée russe, faisant toujours leurs attaques à leur manière , accourant au grand galop , le sabre en main, et se montrant à la fois , par corps détachés , sur les ailes, sur les flancs et à dos. Les Russes , en quelque petit nombre qu'ils fussent, formaient aussitôt des espèces de phalanges impénétrables à ces incursions ; les Tatars se dispersaient aux premiers coups de canon, et pour ainsi dire dès qu ils sentaient le feu de l'artillerie russe. Ils se réunissaient à quelques lieues de là , infatigables dans leurs courses et sans lâcheté dans leur fuite. Le kan se bornait ainsi à retarder la marche de l'armée russe, afin de donner le temps à l'armée ottomane de passer le fleuve ; et dans l'attente de ce passage , ses troupes , uniquement armées de flèches , se trouvaient entre deux grandes armées russes distantes seulement de quelques marches. Enfin, dix mille Turks parvinrent à traverser le Danube avec quelque artillerie , et se joignirent à l'armée du kan. Un corps avancé de quatre mille Russes fut entièrement défait, le général tué, le détachement presque détruit. Mais ce revers fut bientôt compensé par la destruction totale de ce détachement turk, surpris et attaqué au point du jour, sur une hauteur où il s'était retranché , pendant que les Tatars , le croyant dans un poste inattaquable , s'en étaient éloignés, et cherchaient à pénétrer sur les derrières de l'armée russe. De nouveaux corps turks continuaient de traverser le fleuve , et l'armée tatare restait tout entière sans être entamée.

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