‹ Révolutions de PologneChapitre 158 sur 282 · LIVRE XII. 2G · texte numérisé non relu

LIVRE XII. 2G

et que pendant toute cette guerre, l'usage constant des deux armées fut de ne leur donner aucune sépulture.

Les vainqueurs étaient en si petit nombre, si affaiblis par les maladies et si dénués de cavalerie , qu'ils ne s'exposèrent point à poursuivre les fuyards. Maîtres des retranchements et des vivres d'une armée si nombreuse , ils ne songèrent qu'à se fortifier dans ce même camp. Les vaincus avaient fui vers le Danube, éloigné de six lieues du champ de bataille. Le débordement du fleuve les empêchant d'atteindre leur pont, ils furent trois jours entiers à repasser dans des bateaux ; et à mesure qu'ils atteignaient l'autre rive , les différentes troupes se débandaieut et chacun reprenait le chemin de sa province. Le grand-visir s'arrêta sur cette autre rive avec quinze mille hommes, seul reste de cette innombrable multitude.

Les Tatars , qui avaient fait le tour de l'armée russe pour se jeter sur les convois et sur les bagages , et qui avaient déjà obtenu unavantagesur une des escortes, à la nouvelle de cette déroute, se voyant abandonnés dans la Moldavie, ne songèrent plus qu'à leur propre salut. Une partie se retira entre Bender et Akermau. Le kan se réfugia d'abord à Ismaïl sur le Danube, avec l'autre partie de ses troupes ; et résolu de se défendre dans ce poste , il envoya demander des vivres au grand-visir. Mais les conducteurs de ces vivres les jetèrent dans le fleuve , et se servirent des bateaux pour fuir, sans avoir rencontré un seul ennemi.

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