XII. Les Turks demandent la paix, par la médiation des cours
de Vienne et de Berlin.
Cette ignominieuse déroute renouvela dans Constantinoplc la terreur encore toute récente que l'incendie de la flotte
BÉVOLUTIONS DE POLOGNE
y avait répandue. La réunion de l'escadre russe en face des Dardanelles, où elle se rassembla alors pour s'emparer des îles voisines, acheva de porter cette consternation et cette terreur à leur comble. Les troupes qui abandonnaient l'armée arrivaient en foule Mans cette capitale -, et la fermentation fut si grande parmi le peuple , qu'on craignit une révolution.
Le grand-seigneur convoqua tous les chefs de la loi et les grands de l'empire. Il leur dit : « Que depuis son avènement au trône, il avait gouverné par leurs conseils ; que par leurs seuls avis il avait différé de prendre le commandement de ses armées ; que s'il avait eu le malheur de choisir mal ses deux premiers généraux , il s'en était remis à eux seuls du soin d'en choisir un troisième , et que celui-ci n'ayant pas eu la destinée plus favorable, il persistait à se proposer luimême ; mais que dans les revers actuels il avait encore d'autres conseils à prendre d'eux ; qu'aussitôt après l'incendie de la flotte, il les avait assemblés pour délibérer sur les moyens de conclure la paix ou de continuer la guerre ; que leur fermeté avait soutenu sa constance, et que par une suite de leurs délibérations, on avait proposé un traité d alliance aux cours de Versailles et de Vienne ; que celle-ci, plus voisine, avait répondu la première, et qu'il leur soumettait aujourd'hui cette réponse. « Cette cour ne pouvait, disait-elle , prendre • aucune part à la guerre sans risquer d'étendre sur l'Europe « entière un feu qu'elle désirait d'assoupir. Elle proposait au « contraire sa médiation pour la paix ; et les conditions qu'elle « offrait , étaient le rétablissement dés deux parties belligé- « rentes dans l'état où elles étaient avant les hostilités, et la « sortie des Russes hors de la Pologne ; évacuation qui était « le premier, le véritable et Tunique objet de la guerre. » Il ajouta que le roi de Prusse, depuis le commencement des hostilités, n'avait cessé de faire des propositions semblables;