‹ Révolutions de PologneChapitre 167 sur 282 · I.lVIiE XII. 2t · texte numérisé non relu

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avoir conduit avec tant d'habileté la défection des hordes tatares, présuma assez de son crédit pour écrire au séraskier.. L'unique réponse fut un feu plus vif, qui coûta quelque monde aux Russes.

Les fréquentes sorties retardaient tous les travaux des assiégeants ; et l'on vit dans une occasion remarquable combien ces Arabes, dignes par leur bravoure de leur ancienne renommée, conservaient également leur antique loyauté. Après une furieuse sortie, Panin ayant offert une suspension d'armes pour enterrer les morts, sur cette seule proposition et pour première réponse, ils s'avancèrent en grand nombre hors des palissades, et crièrent en langue russe : « Prenez vos morts, nous prenons les nôtres. » Ils firent des signes de bienveillance aux ennemis, et leur demandèrent des outils. Pendant ce travail commun, un des leurs ayant derrière une palissade tiré un coup de fusil, ils se jetèrent sur lui, le traînèrent aux yeux des Russes, et l'assommèrent. Un général russe s'entretenant alors avec un Turk distingué, l'exhortait à persuader le séraskier de se rendre ; le Turk ne répondit que par un regard de dédain. D'autres officiers russes ayant parlé à d'autres Turks de la défaite du grandvisir et de la soumission des Tatars, événements qui ne laissaient plus à la garnison aucun espoir de secours, ceuxci répondirent : - Vous faites votre devoir et nous le nôtre ; continuez à nous attaquer, nous continuerons à rendre vos efforts inutiles ». Le travail des mines commença enfin des deux parts ; et cet autre genre de guerre conduit avec non moins d'ignorance que le feu des boulets et des bombes, devint cependant plus meurtrier. Le 1 er septembre, les Russes n'en étaient encore qu'à pouvoir reconnaître le fossé avec beaucoup de risque. Mais alors, le général Baùer arriva de l'autre armée russe avec quelques officiers étrangers; et s'il y eut toujours un égal courage dans la dc-

feuse, il y eut dès lors bien plus d'habileté dans l'attaque. Les Kusses.avançaient en faisant des logements dans les entonuoirs des mines, et les Turks réussirent plus d'une fois à renverser ces ouvrages. Us enterrèrent même une compagnie de grenadiers russes tout entière. Ils u,ieu'èrcnt ainsi un jour de fête solennelle consacré à Mahomet ; et une sortie générale ayant suivi cet événement, ils détruisirent presque tous les ouvrages avancés ; toutefois le chemin couvert fut enfin entamé par l'explosion d'uue mine, et la ville fut alors sommée. Mais le gouverneur répondit avec le même courage. La garnison diminuait ; mais elle était encore auimée et nombreuse. La mauvaise saison commençait ; les pluies inondaient les tranchées, les soldats russes pour finir leurs misères, demandèrent un assaut : il eut lieu le 26 septembre.

On avait travaillé à une nouvelle mine sur les principes du globe de compression , inventé depuis trente ans par un ingénieur français, dont les expériences faites en France, avaient peu réussi, et dont les Français, si habiles dans cette parlie de la guerre, n'avaient jamais fait usage. Un aventurier français qui conduisait ce siège, les livres à la main, l'employa alors. L'explosion se fit au commencement de la nuit. Elle forma dans le chemin couvert un entonnoir de soixante et dix pieds de diamètre, qui donnait un passage dans le fossé , mais sans renverser les remparts , comme on s'y était attendu. A ce signal , les colonnes marchèrent de toutes |>arts ; et les Turks pour les arrêter dans leur marche, jetèrent de toutes leurs batteries une innombrable quantité de bombes et de grenades. Cette pluie de feu répandit quelque effroi parmi les colonnes russes. Celle de la droite s'égara , revint vers son camp , et fut difficilement déterminée à retourner au lieu de l'attaque. File y revint enfin, et pénétra dans le chemin couvert par un des anciens eu-

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