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tonnoirs dont les Turks avaient fait la faute de ne point s'emparer. Ceux-ci la reçurent dans le chemin couvert avec un grand courage. Le combat y fut meurtrier. Les Russes balancèrent qr°' - *s moments. Il reprirent cœur une seconde fois : st , après un combat opiniâtre , ils forcèrent les Turks d'abandonner cette partie du chemin couvert. La colonne du centre hésita à se précipiter dans l'espèce de gouffre que le globe de compression venait d'ouvrir. Elle s'y jeta enfin ; et par cette route elle pénétra aussi dans le chemin couvert , où il se fit de part et d'autre un horrible carnage. Une centaine de janissaires, logés dans un de ces ouvrages qu'on nomme caponnière , tiraient sans être vus , et tuaient tout ce qui en approchait. Deux compagnies de grenadiers, furieux de leur perte, pénétrèrent par les embrasures, et firent main basse surtout ce qu'ils y trouvèrent. La chemin couvert avant été nettoyé dans ces deux parties, un Allemand, le colonel Muller, qui conduisait la colonne du centre, augurant bien de l'ardeur des troupes, demanda des échelles pour donner l'assaut à la place même. Les échelles russes se trouvèrent trop courtes ; mais on aperçut celles dont les Turks se servaient pour les sorties. Les grenadiers y montèrent; et les premiers s'étant couchés sur la brèche pour attendre qu'un nombre suffisant y fût monté , tous ensemble sautèrent par-dessus le parapet sur le rempart. La colonue de la gauche eut les mêmes obstacles à vaincre ; et après avoir éprouvé beaucoup de pertes, elle eut aussi le même succès.
Ceux qui devaient attacher le pétard à la porte , ne purent réussir. Elle se trouva toute bardée de fer ; et en peu de minutes les Turks eurent jeté bas plus de la moitié de cette troupe. Forcée d'abandonner sa première destination, elle rentra dans le chemin couvert , et suivit les colonnes qui montaient de tous cotés sur les remparts. Les Russes
en furent plus d'une fois précipités. Un Livonien , le major Fersen , fut le premier qui s'y maintint. Le combat dura la nuit entière, sans se déclarer pour l'un ou l'autre parti. L'artillerie russe ne cessait de jeter des bombes , des pots à feu et des grenades dans la ville pour y mettre le feu , y augmenter la confusion , détruire les maisons situées près du rempart , qui devenaient autant de nouvelles forteresses d'où les Turks aux fenêtres, montés sur les toits , ajustaient à volonté les Russes entièrement à découvert sur les terre-pleins des remparts. Panin, craignant de perdre son armée entière , fit sonner la retraite. Mais les soldats crièrent aux officiers : « Retirez-vous, vous en êtes les maîtres , nous, nous voulons périr ou prendre la .ville ». Déjà le feu y éclatait en plusieurs endroits , et l'incendie fut bientôt général. L'horreur de cette nuit fut alors à son comble ; et les Turks s'occupant d'arrêter les progrès du feu , ou de sauver des maisons embrasées leurs femmes , leurs familles , leurs effets les plus précieux , le nombre des combattauts diminuait ; et à cinq heures du matin , les Russes furent maîtres du rempart. Les Turks disputèrent encore pied à pied les ruines des maisons. Leur fureur tenait du désespoir ; mais le courage des Russes redoublant par le succès , les Turks furent partout repoussés , passés au fil de l'épée ; et il ne resta d'autre ressource au séraskier, grièvement blessé d'un éclat de bombe , que de se réfugier avec deux pachas et quelques centaines de janissaires, dans le château, où vers neuf heures du matin il demanda à capituler.
Mais six cents janissaires ou spahis rassemblés à cheval , portant en croupe leurs femmes, leurs enfants, leurs plus précieux effets , et sortant par une porte qui n'était point gardée, marchaient vers le camp ennemi. L'officier russe qui avait occupé pendant la nuit , avec une réserve, le poste qui aurait dû leur fermer le passage , avait reçu ordre