‹ Révolutions de PologneChapitre 179 sur 282 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

déjà remarqué, qui portait toujours au col uue grande croix , souple avec les grands, fanatique avec la multitude, vivant de pillage dans sa patrie , et qui ayant pris les armes l'un des premiers, s'était soutenu par le pillage. Dévoué au trésorier Wessel partisan de la Saxe , il avait espéré que cette faction le ferait nommer maréchal-général des confédérations, et il s'était vu avec dépit déchu de cette espérance. Il refusait de rendre compte des énormes contributions qu'il avait levées et qui excédaient plusieurs millions. Il en avait secrètement fait passer la plus grande partie en pays étrangers; et on ne tarda point à produire des preuves de sa défection. La déroute, au surplus, fut entière ; Szaniawski, grièvement blessé , tomba entre les mains des vainqueurs.

Plus de quatre cents gentilshommes eurent le même sort. Tous furent dépouillés ; et, malgré leurs blessures, malgré le froid le plus rigoureux, tous furent traînés en chemise et nu-pieds à Varsovie, amenés sur la place du château et y demeurèrent longtemps exposés aux regards et aux outrages de la cour.

XXVI II. Projet de Malczewski.

Cette subite insurrection des confédérés Gt sortir les Russes du calme où ils se tenaient depuis trois mois. Drewitz, avec ce qui restait des trois mille vainqueurs, fut envoyé dans les montagnes, attaquer les petits camps qui en occupaient les sommets et les gorges. Mais pendant qu'il prenait cette route, Malczewski, un des maréchaux qu'avait destitués la confédération générale, espéra rompre le dessein de Drewitz et le rappeler à la défense de la capitale. Malczewski était un de ceux qui avaient pris les armes dans les conjonctures les plus désespérées ; un de ces homme»

que ni leur naissance, ni leur fortune n'appelait aux premiers rôles, mais qui, exposés aux premiers périls, avaient au moins par leur audace contribué à soutenir le courage de la nation. Le conseil-général, en reconnaissant ses services, l'avait toutefois replacé dans un rang subalterne. Il voulut reprendre et mériter celui dont l'autorité l'avait fait descendre, et réparer par un coup d'éclat l'échec des confédérés. Il forma le dessein généreux de délivrer des mains de l'ennemi celui pour lequel on l'avait dépouillé du commandement, et que les Russes traînaient prisonnier à Varsovie. Ce sentiment annonçait une grande âme, et prouvait qu'il était digne du rang dont par obéissance il avait consenti à descendre. Il marche rapidement vers la capitale, se fait joindre par les confédérés épars dans les châteaux et sur les routes; et déjà, suivi de trois mille hommes, il s'avance jusqu'à sept lieues de Varsovie, assuré, s'il peut y pénétrer ou seulement en approcher, d'y trouver de nombreux partisans.

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