‹ Révolutions de PologneChapitre 185 sur 282 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

dait que des conjonctures favorables ou funestes l'invitassent ou le forçassent à se déclarer. Son courage et son intégrité égalaient sa prudence ; tous les hommes sages de la province désiraient lui en voir confier le commandement militaire, ainsi que cette dangereuse et difficile levée des contributions, qui ne pouvait être faite qu'à main armée. Il exerça les troupes que le conseil -général mit sous ses ordres, les disciplina, mérita leur confiance, les disposa dans la province de manière que, recevant toujours avis du moindre mouvement de l'ennemi, il pouvait les rassembler avec facilité, et que les Russes, trop peu nombreux alors pour se montrer avec de grandes forces, n'osaient plus s'exposer en petits détachements. Quand ils réunissaient plus de troupes contre lui, certain que ce ne pouvait pas être pour longtemps, il en évitait la rencontre ; il envoyait chacun de ses soldats se cacher dans la terre du gentilhomme qui l'avait fourni ; et lui, avec une troupe d'élite, se retirait sur les frontières de la Silésie prussienne. Il attendait la séparation du grand détachement russe ; et, à un jour nommé, sa petite armée se rassemblait, pour tomber sur quelques-uns des corps russes qui venaient de se séparer. De cette manière, tous les revenus de cette grande province étant à la seule disposition du conseil-général, Paccroissemeut de ses moyens ne tarda pas à produire l'accroissement de ses forces.

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