XXXIV. La forteresse de Czenstochoiva
Kasimir était déterminé à s'emparer de Czenstochowa ; Drewitz dans le même temps avait eu le même dessein. Cette antique et célèbre abbaye, occupée par des moines qui font remonterleur institution jusqu'à l'hermite saint Paul, et défendue par une garnison à leur solde et à leurs ordres, était regardée par la piété publique comme le sanctuaire de la nation polonaise. On y conservait sur les autels une ancienne image de la Vierge attribuée au pinceau de l'évangéliste saint Luc. Les prodiges qu'on en rapporte sont attestés par une multitude innombrable d'offrandes et d'ex-voto. La forteresse qui défend ce monastère a résisté autrefois aux plus formidables ennemis du royaume. Ses fortifications, ont encore suffi, dans l'avant-dernier siècle, pour repousser les efforts des Suédois qui , si renommés alors dans toutes les parties de la guerre et déjà vainqueurs des armées polonaises, se regardaient comme maîtres du royaume. Lagraude réputation du lieu s'en est accrue. La levée de ce siège, premier revers qu'éprouva l'armée suédoise, passa pour la juste punition d'une tentative sacrilège; et s'il est permis d'employer des expressions profanes en parlant des choses véritablement saintes , cette image de la Vierge fut regardée depuis