‹ Révolutions de PologneChapitre 195 sur 282 · XLII. Maxime sur laquelle on aurait dû résoudre cette · texte numérisé non relu

XLII. Maxime sur laquelle on aurait dû résoudre cette

question.

En politique , il y a une maxime constante , dont jamais on ne s'écarte impunément , c'est qu'il faut toujours partir du point où Ton est; la conséquence de cette première maxime en amène une seconde, c'est qu'il est toujours sage et souvent utile de ne pas faire tout ce dont on a le pouvoir, et même le droit.

De ces deux maximes résulte une proposition évidente. C'est que dans toutes les opérations politiques, il laut considérer les principes et les circonstances. Lorsque l'on agit d'après les circonstances seulement, on ne peut avoir qu'un plan variable comme elles ; on est entraîné par les événements, sans avoir aucun point d'arrêt ; on ne peut les maîtriser, parce qu'on n'a pas su les prévoir, et dans cette marche, ou plutôt dans cette course déréglée, on est presque toujours exposé à agir ou trop tard , ou à coutre temps, et par conséquent condamné à ne faire que des faites. Lorsqu'au contraire ou veut agir suivant toute la rigueur des principes, en s'isolant entièrement des circonstances, on tombe dans l'illusion des raisonnements par abstraction ; c'est-à-dire qu'on s'abandonne à une théorie , parfaitement juste comme telle, mais dont l'application est immanquablement dangereuse, quand par hasard elle n'est pas impossible.

On ne supposera pas ( nous le croyons au moins ) que nous voulions admettre que le grand art de gouverner consiste à ne reconnaître aucuns principes. Nous le faisons au contraire consistera les reconnaître tous, à ne jamais les perdre de vue, même en ne les suivant pas avec une précision exacte ; et lorsque, dans quelque violente bourrasque, on n<* peut pas se

diriger directement sur eux , à serrer le vent, pour se tenir au plus près.

Appliquons ce que nous venons de dire à la question de la déchéance de Stanislas-Auguste. Il est indubitable que la confédération, légalement constituée comme elle Tétait, avait droit de la prononcer ; et qu'aux termes des pacta contenta signés et enfreints par lui , le roi l'avait encourue en appelant les Russes en Pologne , en demandant qu'ils y restassent , en livrant à leur garde ses places fortes , sa capitale, son sénat et sa personne. Aussi , quant aux principes, ils s'élevaient tous pour soutenir la déchéance. Mais lorsqu'ils assuraient à la confédération le droit de U prononcer, les circonstances lui en laissaient-elles le pouvoir, et la prudence lui permettait -elle d'en user?

11 ne s'agit pas ici du pouvoir qu'avait la confédération de tenir où elle voudrait une séance , d'y prendre une délibération qui déclarât le trône vacant , et de la faire publier. Il s'agit du pouvoir de soutenir cette déclaration, et de l'exécuter ; de donner un caractère de grandeur et de puissance^ une démarche , qui, si elle n'avait aucune suite , devenait puérile et ridicule, par cela même qu'elle était inutile. Or, c'est ce pouvoir que la confédération n'avait pas. Elle le sentait si bien , qu'elle le remplaça par celui dont elle eut l'imprévoyance d'armer tout individu « qui poursuivrait le roi de vive force ou par de secrètes embûches » ; protocole odieux, qui ne se trouve que dans les codes des conspirations, et qu elle fut elle-même obligée de rétracter. La moindre réflexion l'eût éclairée sur l'impuissance d'une condamnation légale, pour l'exécution de laquelle il fallait qu'elle prononçât l'emprisonnement ou l'assassinat. La suite de la vacance du trône devait être l'élection d'un nouveau roi ; la confédération n'eut pas même le pouvoir de faire aucune tentative h ro sujet. Au bout, d'un an, rlle parut vouloir s'emparer de

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