‹ Révolutions de PologneChapitre 204 sur 282 · LIVRE Mil · texte numérisé non relu

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manie des exercices militaires. Nous en citerons un seul exemple : il voulut un jour faire raser un parc agréable qui est aux portes de Berlin, et la seule promenade de cette capitale, parce que, disait-il, ce terrain serait un beau champ de bataille. Ce qui restait encore des arts agréables attirés en foule dans cette cour sous le règne précédent, et dédaigné par le souverain actuel, environnait cependant l'enfance de Frédéric II, et séduisit bien plus son goût que l'austérité du nouveau règne. Frédéric II annonçait des inclinations entièrement opposées à celles du roi son père ; la passion des beaux arts, celles de la magnificence et de la volupté. Ses plus intimes confidents n 1 hésitèrent point à publier qu'il fallait s'attendre sous son règne à une longue paix, et que rien ne décélait en lui, ni qualités belliqueuses, ni passion pour la guerre. Son esprit naturellement indépendant et juste, était révolté de la dureté du joug qu'on ne cessait de lui imposer, et choqué du ton soldatesque qui régnait à la cour, et de l'extrême ridicule que ce ton mêlait à toutes les manières du roi. Celui-ci s'opposait avec une rigueur inflexible au penchant de son fils pour la mollesse, et à son goût pour les arts ; il employait une inquisition sévère pour l'empêcher d'étudier aucune langue ancienne, et lui ferma ainsi les seules et véritables sources de la plus belle littérature. Il fit brûler successivement trois bibliothèques du jeune prince qui n'avait de livres qu'en secret, et qui était réduit à se former un cabinet d'étude avec autant de mystère que d'autres jeunes princes ont une maison de plaisir. Frédéric II ainsi élevé, monta sur le trône , jeune encore y apportant des habitudes austères et des inclinations voluptueuses ; trouvant toute l'administration de sou royaume réglée d'une manière simple et fixe, une armée nombreuse et bien exercée, une régie d'impôts économe et facile, des manufactures florissantes; mais aucune gloire

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acquise a sa monarchie, parce que le règne de son pèrfl s était passé tout entier dans l'attente d'un événement que sa mort devança de quelques mois. Le nouveau roi n'hésita pas longtemps entre les molles passions de sa jeunesse , et les vrais intérêts de sa monarchie. Peu de jours s'étaient écoulés depuis son avènement au trône, lorsqu'un confident de son goût pour le luxe, les arts et les plaisirs, vint lui présenter le projet d'un nouvel état de cour, dans lequel le faste le plus dispendieux et les amusements de tous les genres étaient substitués à cette triste parcimonie, qui, sous le précédent règne, avait affligé les courtisans et fait fleurir la monarchie. Frédéric, désormais libre de s'abandonner à tous ses penchants, applaudit d'abord à ce projet ; il l'envoya au ministre de ses finances , avec ordre d'y conformer les états de tous les départements. Celui-ci, vieillard austère et formé sous l'autre règne, accourt effrayé chez le roi ; et tenant à la main non-seulement le projet d'envahir la Silésie à la mort de l'empereur Charles VI, mais toutes les recherches déjà faites, tous les prétextes déjà trouvés pour colorer cette invasion , il les présente à son nouveau maître ; il lui apprend que c'est pour enlever cette belle dépouille de la maison d'Autriche, pour fonder une grande puissance en Allemagne, seul appui d'un grand titre, que le feu roi a dis* cipliné la plus redoutable armée qui fût alors en Europe, et amassé un trésor au milieu de la ruine générale de tous les autres souverains; il lui demande s'il faut renoncer, pour une vaine prodigalité , et pour de futiles amusements, à l'exécution du seul dessein qui pût assurer jamais la véritable puissance de sa maisou. Frédéric, après l'avoir écouté attentivement, fit appeler l'auteur de l'autre projet, et disputer en sa présence son vieux ministre et son jeune confident. Il se trouvait réellement placé au point de séparation de ces deux chemins allégoriques et célèbres chez les philo-

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