IV. Pojet (Vune entrevue de Joseph et du roi de Prusse
Dans l'été de 1768, Joseph avait voulu voir tous les
[i) Nous restituons à Rulhière le récit de cette entrevue, emprunté en entier à ses manuscrits par Ferrant!, dans son Histoire des trois démembrements de la Pologne. C O.
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champs de bataille de la dernière guerre. Il parcourut la Bohème et la Saxe, accompagné de ses plus célèbres généraux. Ceux-ci lui expliquaient, sur les lieux mêmes où s'étaient données les batailles > les causes des défaites et des victoires. Plus d'une fois, pendant un cours si intéressant, il s'approcha des confins de la Silésie prussienne et de ceux du Brandebourg. Frédéric, occupé alors de ses revues annuelles sur les mêmes frontières, l'envoya complimenter, et lui témoigna le désir le plus empressé de le connaître personnellement. Joseph ne présuma pas assez de son indépendance pour hasarder, sans une permission expresse de sa mère, de faire une visite à l'ancien ennemi de sa maison. II y avait dans la proposition de Frédéric une sorte de fierté qui piqua Kaunitz et Marie-Thérèse. Tous deux s'opposèrent à l'entrevue. Frédéric, sans se plaindre de cette opposition, mais connaissant le caractère de Joseph, prévit qu'il s'irriterait par la résistance, et n'en serait que plus disposé à faire une chose singulière, dont sa vanité se promettrait de grands avantages , et qui le mettrait dans le cas de traiter d'intérêts politiques loin de la surveillance de ses pédagogues. C'est d'après les Mémoires du roi de Prusse, l'expression dont se servit Joseph, en parlant de l'autorité à laquelle il céda momentanément ; il fit dire au roi : « Qu'il trouverait bien moyen de réparer la grossièreté que ses pédagogues lui faisaient commettre. » Et en effet, le rendezvous refusé en 1768, eut lieu en 1769.