‹ Révolutions de PologneChapitre 228 sur 282 · XVI. Vues et conduite de Joseph · texte numérisé non relu

XVI. Vues et conduite de Joseph

Depuis ses entretiens avec Frédéric, Joseph laissait souvent échapper des indices de ses passions politiques. Tenir la balance entre la Prusse et la Russie, n'était plus un rôle digne de lui. Cette prérogative si honorable des grandes puissances, de pouvoir maintenir ou même commander la paix autour d'elles, par la force seule d'une >attitude imposante, par le poids de leur sagesse, par la droiture connue de leurs intentions, n'était , aux yeux de Joseph , qu'un genre de gloire obscure et peu digne de lui. Il fallait d'autres aliments à son active ambition ; elle se montrait souvent à découvert : on voyait qu'elle était impatiente d'écarter toute contrainte. Joseph ne parlait qu'avec chagrin et mépris des alliances politiques contractées par sa mère. Ce n'était à ses yeux que de vieux engagements, auxquels il ne se croyait pas tenu, des entraves dont il devait chercher à se délivrer, pour profiter de toutes les occasions que la fortune offrirait à son astucieuse politique ou à son ardeur guerrière. De toutes ces alliances , celle avec la France lui déplaisait le plus; il la regardait comme une chaîne qui l'attachait à une paix perpétuelle : or, la paix était un tourment pour lui , envahissement et conquête étaient le résultat de toutes ses méditations. Ces deux mots avaient fait la célébrité de Frédéric, et c'était avec eux que Joseph voulait atteindre ou même surpasser son rival ; car cet homme lier

éprouvait partout et sur toute chose le supplice d'une inquiétude envieuse et jalouse.

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