‹ Révolutions de PologneChapitre 232 sur 282 · LIVRE xui · texte numérisé non relu

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de la France; voilà le jruit de votre aveugle confiance en elle! »

Joseph, qui n'aimait pas Kaunitz, suivait cependant son système sur la Pologne, parce que le sentiment qui lui dictait ces mots était le même chez tous les deux, et qu'il était leur sentiment prédominant. En vain Marie-Thérèse déplorait la ruine d'une république qui avait sauvé l'Allemagne, à qui son aïeul avait dû la conservation de sa capitale; en vain disait-elle quelquefois, en s'abandonnant à sa sensibi- • lité sur le sort des confédérés : « Ils étaient les seuls en Pologne qui eussent des sentiments d'honneur et de probité; » en vain des personnes en faveur, cherchaient à leur donner des espérances, à leur persuader qu'on recevrait un ministre publiquement envoyé par eux, ce qui eût été les reconnaître formellement : Raunitz rendait toutes ces espérances illusoires. Il tolérait la pitié de Marie-Thérèse, mais à condition que cette pitié ne produirait aucun effet ; et dans la crainte que cette souveraine ne fût entraînée ou par son zèle pour la religion que défendaient les confédérés, ou par reconnaissance pour les services que la Pologne avait rendus à ses ancêtres, il avait commencé par exiger d'elle la promesse de la plus stricte neutralité dans les troubles de la république : mais cette promesse était secrète , et le secret devait surtout être impénétrable pour la France. Dans toutce qui avait rapport aux affaires de Pologne, Kaunitz, ou ne disait que des mots vagues, ou se renfermait dans un silence absolu ; on se demandoit si c'était irrésolution , faiblesse, ou si, au contraire, ce n'était pas l'indice d'un dessein médité avec prévoyance, et qui serait suivi avec fermeté. La justice de l'histoire nous oblige de faire observer ici que quelques personnes , accoutumées à scruter toutes ses actions, ont cru qu'il était contre ses principes politiques de traiter avec des républicains; qu'il lui paraissait d'un dan-

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gereux exemple de défendre et de consacrer leurs maximes ; que, d'après cela, il s'était de plus en plus éloigné des confédérés, à mesure qu'ils avaient , dans leurs manifestes, attaqué l'autorité royale et la personne même du rot : ce qui avoit eu lieu surtout dans la déclaration de la vacance du trône.

La conduite de Kaunitz était surtout inexplicable pour la France ; et cependant il voulait, aux yeux de toute l'Eu rope, paraître agir dans un concert parfait avec cette cour : fier d'avoir établi la situation politique de l'Europe, attentif à ménager, comme il le disait, la considération de l'allia 71 ce , il ne voulait rien faire qui pût y porter une atteinte sensible. L'apparence d'une intimité parfaite entre les deux cours, était un des premiers ressorts de sa politique. La France , fidèle alliée, lui confiait tous ses desseins; réduite par cette alliance même à l'impossibilité de faire des diversions pour soutenir les Polonais, forcée de conduire toutes les affaires et notamment celles de Pologne, de concert avec le cabinet de Vienne, elle attendait impatiemment, et non sans inquiétude, que Kaunitz se déterminât enfin à s'unir réellement à elle pour défendre les Polonais ou les Turks. Cboiseul avait vu, dans l'agrandissement de la Russie , la nécessité où l'on serait enfin de s'y opposer; et, ne doutant pas que la cour de Vienne ne fût un jour forcée de prendre elle-même ce parti, il se flattait qu'alors elle seconderait de toute sa puissance les mesures qu'il aurait déjà prises. D'après cela, on peut juger avec quelle complaisance Kaunitz dut recevoir la secrète proposition du roi de Prusse, de procurer la paix aux Turks, et combien elle était d'accord avec ses inclinations et sa politique.

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