XXIV. Système d'envahissements pacifiques
Ce système fut un plan général d'agrandissement et d'invasion sur toutes les frontières . On renouvela sur quelques fiefs de l'empire d'anciens droits de souveraineté de la couronne de Bohême ; et l'on ne chercha plus à dissimuler un projet de réunion qui devait alarmer l'Allemagne. C'est ainsi qu'en 1770 furent réclamés des droits qu'on prétendit avoir été précédemment acquis ou possédés par Charles IV. Il y eut maintes entreprises sur la Valteline, sur le Rhin, sur les confins du Frioul et de Tlstrie, sur ceux de la Valaquie, dont on envahit les territoires abandonnés par les Turks
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après leur défaite, et que les Russes n'avaient pas occupés. Le roi de Prusse, que nous avons vu, peu d'années après, former la ligue germanique pour arrêter l'invasion de Joseph dans la Bavière, refuser toute proposition d'agrandissement, et honorer sa vieillesse en défendant les droits de seseo-États, vit, en 1770 et 1771, ces essais d'envahissements sans inquiétude, au moins apparente. La France fut étonnée d'abord, et conçut bientôt de justes alarmes. Elle ne voulut donner aucune approbation, même tacite, à des mesures qui jetaient l'effroi partout, notamment en Italie; elle annonça une forte opposition, dont elle eut soin de donner connaissance aux parties intéressées. Kaunitz tenait à ce que l'on crût toutes ses démarches concertées avec la France; il ne voulut pas affaiblir une opinion qui lui était utile ou même nécessaire pour ses autres desseins, et il suspendit l'exécution de son plan sur les plus faibles États de l'Italie.