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XXV. Première tentative sttr la starostie de Spiz

Malheureusement, les limites de la Pologne, du coté de la Hongrie, se trouvèrent exposées à d'anciennes prétentions. Sur cette frontière, la cour de Vienne avait marqué ses limites par des poteaux décorés d'aigles impériales ; la starostie de Spiz (Zips), et treize villes ou villages qui en faisaient partie, furent enclavés dans la démarcation. Il y avait un prétexte plausible à garantir ce pays des calamités de la guerre; puisque la Pologne n'eu avait, d'après le cabinet de Vienne, que le simple usufruit, et que la souveraineté en avait été conservée à la couronne de Hongrie, par un droit de retrait. A la vérité, les conditions du retrait étaient si onéreuses, la somme à payer si considérable.

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qu'on pouvait regarder la cession comme définitive; et depuis plus de trois siècles, la Pologne jouissait paisiblement de ce domaine engagé. Mais Vienne étendit bientôt ses prétentions plus loin; elle enferma dans sa ligne de démarcation une petite province voisine, fort peuplée, contenant cinq villes et plus de soixante villages, qui, de temps immémorial, avait appartenu à la république. Dans une frontière bordée de montagnes escarpées, couvertes de forêts, et dont les gorges sont impraticables, cette contrée renfermait le seul défilé qui donnât une communication facile entre la Pologne et la Hongrie.

La cour de Vienne affecta de faire répandre que ses ingénieurs s'étant avancés dans les trois starosties qui composaient cette province , quelques prêtres du pays leur avaient dit qu'ils étaient originairement compatriotes, ce territoire ayant autrefois appartenu à la Hongrie. Ce fut sous ce motif absurde que l'Autriche, gouvernée par une souveraine dévote et un ministre extravagant, porta le premier coup à l'intégrité de la Pologne.

Quel que fût le motif de ces propos mensongers qu'on eut soin de répandre, on ajouta que ces ingénieurs en avaient conféré avec quelques personnes célèbres par leur érudition ; qu'on allait faire des recherches dans les archives, et qu a tout événément on croyait devoir préserver ce pays des horreurs de la guerre civile. Peu après, on prétendit que les achivistes avaient découvert un acte oublié depuis quatre cents ans, un diplôme contenant donation faite par Boleslaw-le-Chaste, roi de Pologne, à son épouse Kunégonde, fille de Béla, roi de Hongrie, pour la dédommager de l'emploi de sa dot, sacrifiée aux besoins de l'État après les ravages des ïatars. Cet acte ne parlait pas même d'une cession de souveraineté; et cependant, sous ce prétexte, les aigles autrichiennes entourèrent cette province.

En même temps, les ingénieurs envoyés par Marie-Thérèse arpentaient le terrain autour de Nowytarg et de Czorsztyn, tiraient des lignes et plantaient des poteaux aux armes impériales. Le commandant du cordon prit le titre de commandant des provinces rêincorporées ; un nouvel administrateur enjoignit à la noblesse de reconnaître l'impératice-reine pour souveraine héréditaire, et de se défaire de la monnaie polonaise, pour ne se servir désormais que de celle qui avait cours dans les États autrichiens.

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