‹ Révolutions de PologneChapitre 238 sur 282 · XXVI. Réclamations de la Pologne, et réponse. de V Autriche · texte numérisé non relu

XXVI. Réclamations de la Pologne, et réponse. de V Autriche

Des pièces émanées de Vienne et de Varsovie pourront jeter quelque jour sur cette première occupation de territoire, faite avec l'intention manifeste de reprendre et de garder une ancienne souveraineté ; faite dans un temps où les trois cours n'avaient point encore parlé de partage ; faite enfin par la puissance qui avait le plus d'intérêt à ce qu'il n'y en eût pas. Alarmé de ces travaux de délimitation, le roi de Pologne fit écrire au prince Kaunitz, dès le 28 juillet 1770, par son chancelier, qui représenta ces opérations comme contraires ait droit des gens, à la justice , à l'amitié subsistant entre les deux États, et qui ne dissimula pas la vive inquiétude du roi relativement à cette frontière. Cette plainte étaut restée sans réponse, le 20 octobre suivant, le roi écrivit lui-même à l'impératrice- reine en ces termes :

« Madame ma sœur, les sentiments que fai professés de tout temps pour la maison de votre majesté impériale et royale, et (ce que j'ajoute bien sincèrement) le respect personnel que ses vertus m'ont inspiré , sont trop connus pour être ignorés d'elle. Et comme j'ai toujours espéré de trouver

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une des meilleures amies de la Pologne dans celle dont le gouvernement si équitable, si ferme et pourtant si doux a fait constamment l'objet de mon admiration , c'est dans cette confiance que je m'adresse directement a votre ma • jesté impériale et royale, lorsque les droits de la couronne que je porte m'obligent à demander pourquoi des généraux et des ingénieurs ont fait tirer des lignes dans les environs de INowytarg, et planter des poteaux aux armes de votre majesté, dans un terrain qui de temps immémorial appar* tient à la Pologne, et ne lui a jamais été disputé. »

Marie-Thérèse répondit le 26 janvier 1771 : « Qu'aussitôt après le rétablissement de la paix entre les Turks et les Russes, et l'extinction totale des troubles intérieurs de la Pologne, elle se prêterait bien volontiers à traiter à l'amiable des limites de cette république et de son royaume de Hongrie; qu'on déterminerait alors ces limites trop longtemps incertaines, et notoirement contestées; que néanmoins, elle voulait bien déclarer dès ce moment sa résolution de revenu diquer, en conséquence de son bon droit , et aux conditions stipulées dans le temps , la starostie de Spiz avec toutes ses dépendances ; et qu'an surplus, pour le maintien et la garantie de ses droits passés , présents ou futurs , on avait du commencer, et l'on ne pouvait se dispenser de poursuivre les opérations mentionnées dans la lettre de sa majesté polonaise. »

Kaunitz répondit de même au chancelier, que l'impératrice reine avait dû faire procéder à cette démarcation d'après ses droits réels, et non d'après un état de possession usurpée sur la Hongrie dans les temps passés; que par là elle avait mis ses droits en sûreté , et qu'elle était résolue à les maintenir. Cette lettre linissait par des assurances vagues d'accorder aux titres contraires, qui pourraient être produits, toute la valeur qu'ils pourraient avoir.

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Par les démarches que le roi de Pologne fit a ce sujet, on voit combien il était effrayé de cet envahissement. Il n'est pas à présumer qu'il pût élre rassuré par les réponses qu'on lui fit; celle même de l'impératrice contenait quelques expressions alarmantes, notamment lorsqu'en parlant des troubles de la république, elle dit : « Dans l'incertitude oiiCon est sur la façon dont ils peuvent finir. » Il se peut qu'en écrivant ces mots , Marie-Thérèse n'eût pas fait attention à tout ce qu'ils pouvaient indiquer ; mais Kaunitz, eu les lui dictant, savait certainement le véritable sens qu'il pourrait leur donner un jour.

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