‹ Révolutions de PologneChapitre 239 sur 282 · XXVII. Mesures contre la peste · texte numérisé non relu

XXVII. Mesures contre la peste

Il fut, bientôt après , secondé dans ses projets d'invasion par les craintes qui se répandirent dans plusieurs provinces polonaises. La peste y avait pénétré ; et il ne pouvait y avoir un meilleur prétexte, que de se mettre en garde contre ce fléau. Trois mille Autrichiens s'avancèrent encore pour former un cordon qui , de ce côté , pût garantir l'Europe contre les progrès de la contagion. Le roi de Prusse s'empressa de suivre cet exemple. Les deux puissances affectèrent de publier à l'envi ce qu'elles appelaient des précautions nécessaires; elles paraissaient forcées par les circonstances de faire ostensiblement ce que, dans d'autres temps, elles se seraient caché l'une à l'autre , et pouvaient dire hardiment qu'elle servaient l'humanité, en donnant les formes d'un hieufait à des mesures de guerre ou d'envahissement.

Ainsi se trouvèrent naturellement établis les préliminaires du partage ; mais avec cette différence que , de la part de fa Prusse, cène paraissait cire que des précautions usitées en pareilles Hrcnnstanrw, tandis que, de la part do rAn|rieh<\

UVJIE XIII. -lo:t

c'était une revendication formelle, exécutée avant même d'avoir été signifiée. Ce mot de réincorporation, renouvelé sans aucun préambule, au bout de plusieurs siècles, était fait pour inspirer les plus justes alarmes. Il est incontestable que ce mot a suffi pour donner la première idée des propositions que le prince Henri jeta au basard dans une conversation familière, ainsi que nous le verrous ; et ce n'est pas une des moindres singularités de ce démembrement aussi injuste qu'extraordinaire, que la puissance, qui lut admise la dernière dans ce projet, ait été la première à en donner l'exemple, par une occupation faite à titre d'ancienne souveraineté

XXVIII. Une secrète intelligence s'établit entre les cours de

Vienne et de Berlin.

Depuis l'entrevue de Neissc , uue secrète intelligence s'était établie entre les cours de Vienne et de Berlin ; cours rivales, mais qui craignaient de se voir engagées trop tôt dans une nouvelle guerre Tune contre l'autre, et qui, pour être sûres de rester en paix , avaient besoin de réconcilier les Turks avec la tzarine, alliée du roi de Prusse et haïe de Marie-Thérèse. « Je prévois, disait alors Frédéric à rélectrice de Saxe, que la guerre finira par la médiation de la Prusse et de l'Autriche; je proposerai la mienne à la Russie et à la Pologne, et j'engagerai l'empereur et sa mère à offrir la leur aux Turks et aux Russes. J'ai déjà fait parvenir ce projet au prince de Kaunitz par le ministre que j'ai à Vienne. »

DÉVOLUTIONS DE POLOGNE. ,

Page 1