‹ Révolutions de PologneChapitre 240 sur 282 · XXIX. Entrevue de Frédéric, Joseph et Kaunitzà NeustadC en · texte numérisé non relu

XXIX. Entrevue de Frédéric, Joseph et Kaunitzà NeustadC en

Moravie.

Kaunitz fut présent à une seconde entrevue de Joseph et de Frédéric; ou plutôt ce fut Kaunitz qui eut cette entrevue avec le roi de Prusse : le jeune empereur prit fort peu de part aux conférences.

On avait préparé avec une extrême magnificence le camp de Neustadt, où les deux princes se rencontrèrent le 3 septembre 1770. Frédéric, plus simple que jamais, prit un costume autrichien ; il ne mit presque aucune borne à ses respects pour le chef de l'empire ; « Je ne ferai jamais, ditil à Joseph , que la volonté de votre majesté. » Il flatta même la vanité de Kaunitz par beaucoup de compliments et de prévenances; il semblait vouloir se réconcilier ce ministre qui avait dit fort souvent : « Le roi de Prusse est le seul homme qui me refuse l'estime qui m'est due. » Kaunitz étala fort à son aise son système politique, ce chefd'œuvre auquel la cour de Vienne était redevable de tant de puissance. « Otez vous de la tête, dit-il à Frédéric, que nous songions à reprendre la Silésie ; mais au premier mécontentement que vous nous donnerez, attendez-vous à une guerre terrible. » 11 insista sur la nécessité de s'opposer aux vues ambitieuses de la Russie, et déclara que jamais l'impératrice-reine ne souffrirait que les armées russes passassent le Danube, ni que la cour de Pétersbourg fit des acquittons qui la rendissent voisine de la Hongrie ; il ajouta que l'union de la Prusse et de l'Autriche était l'unique barrière que l'on pût opposer à ce torrent débordé qui menaçait d'inonder toute l'Europe. Quand il eut achevé de parler, le roi répondit qu'il tâcherait toujours de cultiver l'amitié de leurs majestés impériales, dont il faisait un cas infini; mais

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