I. Mouvements militaires du confédéré Sawa
MM. d'Aiguillon et Maupeou ayant obtenu, par l'entremise de la dame Dubarry, la destitution du duc de Choiseu), et ce ministre ayant été disgracié le 24 décembre 1770, Dumouriez, abandonné en Pologne à ses propres mouvements et ne recevant plus d'instructions , étendit lui-même ses pouvoirs, et se mit à donner des ordres aux confédérés , au lieu de conseils et de subsides. On a vu, à la fin du douzième livre, à quel degré de force parvenaient ces confédérés, au commencement de 1771; et l'audace même qu'ils avaient eue de publier la vacance du trône les faisait supposer plus puissants, et surtout plus protégés qu'ils ne l'étaient. L'incursion de Sawa en Lithuanie, à la tête de deux mille hommes, n'avait pas eu un plein succès. Entré cependant dans le palatinat de Brzesç, il avait levé des contributions, enlevé cinquante mille ducats destinés pour Varsovie, et soutenu deux combats avant d'être arrêté dans sa marche
(1) C'est à partir de ce. XIV e livre que commence, dans celle édition, »e travail d'abréviation, entrepris par M. Daunou, premier éditeur de ftulhièrc, les XII e et XIII e livres étant ici rétablis dans leur intégrité. Ces deux derniers livres ne peuvent donc plus être eonaidérés que tvimme dos précis de l'ouvris? de Rulhièrc. fî. O,
téméraire. Ce fut Braneçki qui le repoussa ; et c'était la première bataille que, durant ces troubles, on eût encore vue entre Polonais. Branecki, pour l'avoir engagée, fut destitué par Oginski, grand-général de Lithuanie. Sawa put assurer sa retraite.
H. Voyage de Dumouriez à Vienne.
La discipline introduite dans les troupes de la confédération, et qu'elles devaient surtout à Pulaski, attirait la confiance et encourageait plusieurs nobles jusqu'alors irrésolus. Cinquante sénateurs envoyèrent leur adhésion, en priant néanmoins de la tenir quelque temps secrète. Une lettre du général Weymaru, adressée à la cour de Russie pour demander des renforts, ayant été interceptée, Dumouriez pensa que le moment était venu de faire rentrer le conseilgénéral en Pologne. Il prétendait le placer à Varsovie , et confédérer la république entière. Plein de ces espérances , il se rendit à Vienne pour les inspirer à Durand et à Kaunitz. Ce voyage n'eut pas de grands résultats. Kaunitz parut étonné ou même effrayé des projets de Dumouriez ; soit qu'il fût réellement alarmé de leur témérité , soit qu'il eu craiguît le succès.