‹ Révolutions de PologneChapitre 247 sur 282 · V. Bataille de Lançkorona. — Défaite de Dumouriez · texte numérisé non relu

V. Bataille de Lançkorona. — Défaite de Dumouriez

Voici comment des témoins oculaires racontent ce combat, qui décida du sort de la confédération :

« Ses compatriotes eux-mêmes attribuent à Dumouriez seul tout le désastre de Lançkorona , et l'accusent d'avoir

accepté, ou plutôt offert le combat, daus les conditions les. plus défavorables. Au lieu d'attendre l'ennemi à l'abri des défenses du château, fortifié par les soius des confédérés et muni d'un bonne artillerie, il marche inconsidérément avec douze cents hommes contre la, troupe de Suwaroff cinq fois plus nombreuse, déjà enhardie par la dispersion du corps de Sawa et par la retraite de Pulaski. Cette lutte inégale , engagée sans aucune précaution, sans les dispositions les plus vulgaires, ne dura qu'une demi-heure, et coûta trois cents hommes aux confédérés. Le prince Sapiéha et le maréchal Orzeszko furent tués; Lasoçki et Alionczynski tombèrent au pouvoir des Russes. Ce dernier sauva la vie à Dumouriez, en lui donnant son cheval au moment de la retraite ; ce qui n'empêcha pas le vindicatif général de rejeter plus tard sur les Polonais tout le blâme de sa défaite. Il fit plus encore; avec cette exagération haineuse dont il a fait preuve dans toutes les relations de sa vie, envers et contre tous, et qui devait nécessairement ôter tout crédit et toute autorité à ses témoignages , il chercha à faire passer pour lâches et pour déserteurs ces confédérés , dont le courage, avant son arrivée ou après sont départ, a mérité l'admiration même de leurs ennemis. Revenu en France, il n'a pas cessé de répandre les rapports les plus faux et les plus nuisibles à la confédération; mais peut-on s'étonner qu'il ait voulu couvrir par la calomnie et l'outrage les fautes qu'il avait commises lui-même, si plus tard, il n'a pas hésité à sacrifier à son orgueil et à ses passions indomptables le sort de sa patrie , de ses concitoyens et son propre honneur militaire (1) ».

Le lendemain de ce combat, Suwaroff tenta de s'emparer

(l) Souvenirs de ta confédération de Bar; Poseu , 1843 ( par Kacz- Howski ).

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