VI. Activité de SUwaroff. — Violences de Braneçki
Pulaski, forcé par Suwaroff dans les défilés qu'il gardait, parvint à Czenstochowa avec ses débris. Cette retraite et les combats qui l'avaient précédée, ont obtenu les éloges de Suwaroff, qui> lui-même, avait parcouru, selon nos calculs, cent milles en dix-sept jours, ne passant jamais quarante-huit heures sans se battre.
Ce même Braneçki, qu'Oginski avait destitué, fut ramené dans les champs de bataille par sa haine contre la confédération. Cet homme a commis d'excessives cruautés dans l'ivresse; il s'est fait amener des confédérés prisonniers, et les a de sa main tailladés à coups de sabre. Chargé quelquefois par les Russes du rôle de négociateur, il prenait celui de guerrier, et s'acquittait aussi mal de l'un que de l'autre (1). Pulaski et Zaremba repoussaient ses propositions et ses armes. Kossakowski devenait l'émule de la fermeté et de la bravoure de ces deux chefs ; suivi des soldats que Radzivill lui avait envoyés, il pénétrait en Kourlande, où les mécontents lui donnèrent vingt-six mille écus, dans l'espoir qu'il «chasserait la famille Bireu.
(1) Après la mort du grand général Braniçki, ce transfuge lui prit ses titres, ses dignités, tout jusqu'à son nom ; il n'y a que son patriotisme qu'il n'ait jamais cherché à s'approprier.
VII. Dévouement du jeune Zyberg. — Le grand-trésorier Wessel adhère à la confédération de Bar.
Vers les mêmes temps, le jeune Zyberg, fils du palatin de Livonie , levait, armait, exerçait une troupe de deux cents hommes , avec laquelle il courut se joindre aux confédérés , après avoir reçu la bénédiction de son père. AVessel, grandtrésorier de la Couronne, adhérait à la confédération de Bar, qui entretenait alors avec la Porte des relations suivies. Elle avait même un ambassadeur auprès de cette cour, c'était le maréchal Czerny ; la Saxe contribuait aux frais de cette ambassade, et le sultan Mustapha payait chaque mois un traitement aux deux chefs de cette confédération , Potoçki et Rrasinski.
VIII, Oginski se joint aux confédérés. — Ses succès, sa défaite,
sa fuite.
Ce n'était plus cependant par des succès militaires que se soutenaient les confédérés ; et si leur nombre s'accroissait de jour en jour, c'était l'effet de l'indignation générale qu'excitaient les violences des Russes. Oginski et Braniçki ne s'étaient pas encore déclarés; ils parlaient honorablement de la confédération , désapprouvaient le séjour et la conduite des Moskovites en Pologne ; mais Oginski, général de Lithuanie, semblait partager les vues conciliantes du parti qui s'était formé à Varsovie, sous le titre d' Union patriotique; se bornant à offrir aux confédérés protection, secours et eonseils, il ne leur donnait pas son nom : et le grand-général Braniçki, retenu par ses infirmités à Bialystok, révéré des