LIVRE XIV
républicains , ne les aidait que par des contributions pécuniaires.
Oginski, pressé de se déclarer pour les confédérés, par euxmêmes , par la France, et jusque par l'Autriche, prolongeait encore sa neutralité, quand les menaces et les injonctions de la Russie le déterminèrent à s'armer contre elle. Avec deux mille hommes et de l'artillerie, il attaque et bat les Russes le 6 septembre à Radziça ; heureux de les avoir prévenus : car s'il fût resté dans l'inaction que lui conseillaient les Czartoryski et le roi, les Russes lui livraient le 7 un combat dont il trouva le plan parmi les papiers de leur commandant tué le 6. Oginski remporta quelques autres avantages ; mais deux de ses officiers l'ayant trahi, Suwaroff le surprit à Stolowiczé, mit ses troupes en déroute , et le força de fuir à Dantzick. Tombé presque soudainement de l'opulence dans l'extrême détresse, Oginski parvenu à Kœnisberg, à travers mille dangers, honora son malheur par une fermeté magnanime.
IX. Mort du grand-général Braniçku — Dumouriez abandonne la cause des confédérés.
La mort de Braniçki, qui laissait trois millions de dettes, achevait la ruine de la confédération, déjà en proie aux discordes qu'amènent toujours les revers. Dumouriez traitait ces républicains avec une hauteur que le caractère de sa mission n'avait jamais autorisée, et qui ne l'était plus par ses services. Devenu presque leur ennemi, depuis qu'ils étaient moins dociles et moins heureux, il écrivait en France qu'auteurs de leurs propres désastres, ils s'étaient rendus indignes d'une protection qui, dans l'état de leurs affaires, serait d'ailleurs impuissante.
DÉVOLUTIONS Dfc POLOO \Y..
X l.e roi enroie Braneçki à In tznritic. — Vambassadeur Molhomhi est remplacé par Soldent. — Ses instructions.
ï,e personnage qu'on remarquait le moins en Pologne, au commencement de 1771, c'était le roi Stanislas- Auguste ; et la déclaration même de sa déchéance ne le tirait pas de l'obscurité. Il eut recours à sa bienfaitrice, et lui dépêcha l'infâme Braneçki, jadis le confident de leurs amours. Ce souvenir, qui n'avait rien d'agréable pour lesOrloff, eût assez peu servi Braneçki et son maître auprès de la tzarine ellemême , sans la résolution dès longtemps prise par cette princesse de soutenir invariablement le roi, qu'elle s'était repentie d'avoir fait. Wolkonski, ambassadeur russe à Varsovie, déplaisait beaucoup à ce roi dont il n'avait ni flatté l'orgueil, ni dissimulé la faiblesse. Wolkonski fut rappelé, et remplacé par Saldern.
Les instructions de Saldern étaient fort pacifiques; il devait tout accorder aux Polonais, hormis la vacance du troue, l a liberté serait rendue au\ quatre sénateurs captifs ; et, poiir resserrer le pouvoir royal, on établirait un grand-conseil. Ces instructions sont de la fin de février, un mois après ces entretiens de Catherine et de Henri, où le démembrement de la Pologne avait été projeté.