‹ Révolutions de PologneChapitre 264 sur 282 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

I. Mission de VioméniU — Les confédérés et les Français surprennent le château deKrakovie. — Siège qu'ils y soutiennent.

Dumouriez avait quitté la Pologne, et y était remplacé par Vioménil. Le principal soin de celui-ci, fut de disposer les officiers et soldats français, troupe auxiliaire des confédérés, à faire en 1772 une campagnç honorable. Ils commencèrent en effet par surprendre le château et même la ville de Krakovie. Obligés de se renfermer dans le château, ils y soutinrent un long siège. Choisy surtout s'était couvert de gloire ; mais enfin il fallut se rendre , et ils furent faits prisonniers de guerre. Les confédérés aussi, après s'être glorieusement défendus dans Czenstochowa, Tynicç, Lançkorona, se virent forcés de rendre ces places. Pulaski disparaît, les autres se dissipent ; plusieurs reçoivent de la Saxe , et principalement de la France, quelques secours d'argent. La Russie , la Prusse et l'Autriche déclarent qu'elles ne verront désormais dans les Polonais qui s'attrouperaient encore, que des brigands , des assassins , des incendiaires. Il n'y a plus de confédération. Un seul, dans cette multitude de républicains malheureux, se déshonora par une conduite lâche ; et c'était l'un des illustres : c'était Zaremba. Il écrivit

DÉVOLUTIONS DE POLOGNE.

une lettre à Saldern, avouant ses erreurs, ses écarts, ses fautes, exprimant son vif repentir, et implorant la clémence des Russes. Saldern lui répondit qu'il n'en était pas digne, ce qui était devenu vrai, et lui Ot passer toutefois quelques aumônes.

II. Négociations entre la Prusse, V Autriche et la Russie, pour

le partage de la Pologne.

Ce qui, dès les premiers mois de 1722, rendait inutile ou même impossible la résistance des confédérés et de leurs auxiliaires , c'était l'accord qui s'établissait de plus en plus entre les trois puissances, le concours de leurs forces militaires contre la Pologue , et déjà même l'exécution de ce projet de la démembrer, qui pourtant n'était point encore définitivement arrêté.

Cette négociation avait fait peu de progrès en 1771. Catherine s'était refusée à proposer, la première , un tel partage, à la cour de Vienne. Frédéric, qui s'en était chargé, avait dit à Van-Swieten, qu'il était bien temps de mettre le holà entre ces malheureux Polonais qui s'entr'égorgeaient. Kaunitz, qui traitait avec les Turks, avait fait répondre par Van-Swieteu que l'Autriche allait faire retirer ses troupes du petit nombre de districts polonais qu'elles occupaient. Mais la cour de Vienne recherchait et publiait avec trop de soin ses prétendus titres sur ces districts , pour qu'il fût possible à Frédéric de la croire disposée à y renoncer.

III. Conventions particulières entre Frédéric et la tzarinc. Depuis près d'un an, le projet de partage était soupçonné

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