XXV. Mort de MéhemehKmin
Pendant ce temps, la tête de Méhemet-Emin était exposée à Constantinople, aux portes du sérail. En effet, les désordres du camp de Bender avaient surpassé ceux des autres camps. Les troupes, oisives et loin de fcnuemi, étaient devenues plus séditieuses. Dans la disette générale de fourrages et de vivres, de nombreux corps reprenaient chaque jour le chemin de leurs provinces. Plus de vingt mille de ces déserteurs en traversant Constantinople pour retourner en Asie, avaient rempli la capitale du bruit de leurs mécontentements. Le grand-seigneur ne mettait aucun obstacle à leur retour , el prenait soin au contraire d'accélérer leur passage, aûn de prévenir tout ce que le séjour de ces troupes mécontentes pouvait avoir de dangereux pour cette ville et pour lui-même. Mais ce prince, mieux instruit par leurs plaintes unanimes que par les relations infidèles de ses généraux, résolut de sévir contre les principaux chefs de son armée. Méhemet-Emin s'était acheminé lentement avec les restes de ses troupes au secours de Chocim, et avait déjà atteint son ancien camp de Kantépessy, lorsque les capidjis vinrent y chercher quatre têtes, celle de ce premier ministre, celle de son premier interprète, celle du prince de Moldavie et celle du lieutenant-général dés janissaires. Mais dans lesécriteauxqui furent attachés avec ces têtes aux portes du sérail, les trois derniers seuls étaient accusés de trahison, et Méhemet-Emin de s'être laissé conduire par leurs perfides ÎDsinuatious.
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