XXVI. Moldavandji, nommé, grand-visir
Moldavandji, ce même pachn qui avait laissé échapper l'armée russe, mais qui se préparait à la poursuivre en Pologne, fut revêtu de la première dignité de l'empire. Ce nouveau grand-visir avait été bostandji ou jardinier dans le sérail, et ensuite simple kasséki dans la garde du grand-seigneur. On donne ce nom de kasséki à tout ce qui approche du sultan pour son service personnel. Ainsi, parmi les sultanes, celles qui ont été honorées de sa couche se nomment sultanes-kasséki. Parmi les bostandjis, troupe créée pour l'entretien des jardins du sérail, mais qui contribue à la garde de Constantinople en opposition des janissaires, ceux qui méritent par leur bravoure d'être destinés à la garde personnelle du grand-seigneur, prennent ce même.nom. L'intrépidité de Moldavandji dans les occasions périlleuses que présente fréquemment la police d'une grande ville, l'avait fait remarquer du sultan. 11 était devenu chef des bostandjis; dès lors le sultan, toujours occupé de chercher et d'encourager le mérite, l'avait flatté de le faire un jour grand-visir. Le gouvernement d'une petite province avait été le premier, et jusque-là le seul degré de son élévation.