‹ Révolutions de PologneChapitre 46 sur 282 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

franchement construit à la téte du pont. Les escarmouches devinrent alors plus fréquentes, et les détachements turks plus nombreux. Ils vinrent pendant plusieurs jours fourrager avec audace à la vue de l'armée russe. Ils arrivaient à toute heure par toutes les routes qui pouvaient conduire au camp, et en reconnaissaient ainsi toute la position. Galitzin prit le parti de leur tendre des embuscades. Mais ce jourlà, un si grand nombre de volontaires passa le fleuve, et se répandit par tant de routes à la fois, que toutes les embuscades se trouvèrent trop faibles, et que la plupart furent coupées. Plusieurs régiments d'infanterie russe, cachés dans les bois voisins du camp, n'eurent de ressource qu'une prompte fuite. Les Turks les poursuivirent, se jetèrent avec eux dans les premiers retranchements, s'emparèrent d'une batterie. L'armée russe était dans un extrême péril. Mais quelques troupes qui sortirent des retranchements en imposèrent aux vainqueurs ; et, sans être ni attaqués, ni po ursuivis, ils abandonnèrent les retranchements qu'ils avaient forcés, et emmenèrent huit pièces de canon dont ils s'y étaient emparés. L'armée russe remercia Dieu de leur retraite, comme d'une victoire ; mais pendant ses chants d'actions de grâces et de triomphe, elle voyait de son camp les tentes du grand-visir environnées d'une forêt de piques, dont chacune portait des têtes de Russes.

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