HÉ VOL. DE POLOGNE. — T. III
REVOLUTIONS DK POLOGNE.
à se faire sentir dans lés trois camps lurks ; c'est-à-dire le camp du visir, sur les bords du Dniester ; le camp impérial, à Kantépessy ; et l'ancien camp sur les bords du Danube, où les gros équipages avaient été laissés dès le commencement de la campagne. La saison s'avançait pour ces climats ; et de ce dernier camp il fut envoyé au grand-visir une information publique par laquelle on le prévenait que les eaux du Danube grossissaient d'une manière dangereuse, et qu'il y avait à craindre, s'il tardait à faire repasser l'armée, que ce premier pont» soulevé par l'eau, ne se rompît. Ce bruit courut dans l'armée turque et inquiéta tous les esprits. Le grand-visir n'y trouva qu'un motif de presser ses opérations ; et le 16 de septembre il passa le pont du Dniester, entra en Pologne, et vint dans l'après-midi reconnaître la position des Russes. On traîna'pour sa défense d'énormes pièces de canon ; et aux troupes qu'il avait commandées pour son escorte il se joignit une telle multitude de volontaires, que près de soixante mille hommes passèrent le pont à sa suite, et vinrent braver l'armée russe dans ses retranchements. Les escarmouches commençèrent de toutes parts. Les Turks, attirés toujours en plus grand nombre, engageaient de plus en plus le combat avec l'ardeur qui eutraîne ces troupes fanatiques quand elles suivent un premier succès et qu'elles croient obéir à la voix de la destinée, qui leur indique ainsi le moment de la victoire. Cependant, les pluies continuelles et la chute des torrents dans les monts Karpathes avaient depuis quelques jours enflé le cours du^ Dniester. Une crue subite accélérant la rapidité des eaux, elles ébranlèrent alors ce mauvais pont. De gros troncs d'arbres, amenés par le courant, venaient frapper avec violence tous ces radeaux mal liés les uns aux autres , et firent appréhender qu'il ne se rompît. L'épouvante se répand parmi tous ceux qui avaient suivi le grand-visir. Le combat cesse, tout s'empresse de re-