XXXIV. Les Polonais abandonnas, — Étal de lu cour de Saxe
Cette dispersion de l'armée turque changea tout à coup la face des affaires. Ceux des Polonais qui venaient de se déclarer, dans la certitude d'un appui, se voyaient maintenant exposés sans défense, sans aucune autre ressource que leur courage, destitués de tout moyeu de faire la guerre. Le concert unanime étant formé d'avance, il ne manquait plus, pour achever la confédération générale, que des formalités. Mais sans aucun asile dans toute l'étendue de la république, comment remplir ces formalités ? Si on y parvenait, ne seraitce pas désigner aux ennemis pour victimes ceux que la république aurait reconnus pour ses chefs ? VA si le conseil-général des confédérations , aussitôt qu'il serait formé, était enlevé par les Russes, ne serait-ce pas perdre la dernière puissance de la république? On cherchait à se rassurer par des espérances éloignées. On ne trouvait qu'un coup de fortune, dans l'événement inattendu qui venait de donner aux Russes le succès de la campagne. Toute la Pologne était remplie de fausses nouvelles sur les prétendus échecs qu'ils avaient reçus, disait-on, sur les bords du Danube. On parlait avec plus de vérité de l'éuormité de leurs pertes , des maladies qui ravageaient leur armée, de la difficulté des recrues dans cet empire, de fa disette d'argent qu'il éprouvait. Mais comment, sans armes, sans vivres, sans asile, attendre jusqu'au printemps prochain que les Turks reparussent en campagne, et que leur retour réparât le malheur de leur déroute? Quatre puissances, la Turquie, la France, l'Autriche et la Saxe , semblaient s'intéresser au sort des confédérés. Ils ne demandaient que des armes et du pain; ils en demandaient vainement. Les Turks avaient fui ; Vienne n'ac-