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magnanimité, de désavouer et de réparer les violences de son dernier ambassadeur ; non pas seulement les violences qui avaient attaqué de simples particuliers , mais celles qui avaient attaqué la nation polonaise dans sa religion et dans sa liberté; d'annuler tes actes injustes et injurieux promulgués sous cette tyrannie , de rappeler ses troupes hors du royaume , et enfin d'accorder à la nation un dédommagement des pertes qu'elle souffrait encore par les déprédations de tout genre que ces troupes ne cessaient de commettre. Un peu de ridicule entre quelquefois dans les plus graves et les plus importantes affaires. Un des principaux objets de ces délibérations fut de réclamer contre cette déclaration de guerre faite à la république de Pologue par ce visir dont la téte était alors exposée aux portes du sérail, et dont la cruelle politique avait été réprouvée par le sultan. On nomma des députés pour aller supplier la cour d'Angleterre et la république de Hollande d'employer leur crédit à Constantinople, pour faire révoquer cette déclaration.
Le plan qui dirigeait cette assemblée du sénat , et d'après lequel on avait pris des résolutions si inattendues, avait été tracé par les deux princes Czartoryski; et il était suivi partout le ministère du roi. Un désaveu authentique, fait parla Russie elle-même, de tout ce que Ilepnin avait osé entreprendre , leur paraissait suffisant pour calmer la nation, et d'autant plus facile à obtenir de la tzariue, que cet ambassadeur avait été rappelé avec toutes les marques de la disgrâce. Ils espéraient ensuite convoquer une diète de pacification à laquelle les confédérés eussent été invités; et du milieu de tant d'orages , ces deux princes eussent fait sortir non-seulement le rétablissement de la tranquillité , mais le rétablissement de ce nouvel édifice de gouvernement et des lois qu'ils avaient créé, il y avait peu d'années.
etque Repnin n'avait renversé que par le renversement total derÉtat(l).
Mais la Russie, depuis ses derniers succès, n'était plus accessible à une résolution si timide. Toutes les voies qu'elle avait ouvertes à une conciliation étaient maintenant fermées. La tzariue entra dans la plus violente colère contre lerésultatde cette assem' ?e. KUe envoya aux commandants des frontières défense ue laisser entrer l'envoyé polonais. Elle écrivit en Hollande et en Angleterre, pour engager ces gouvernements à ne point admettre ceux qui leur étaient adressés. Poniatowski fut menacé d'être détrôné. Le nouvel ambassadeur russe, d'après un ordre formel de sa. cour, le pressa de se' déclarer totalement et sans délai en faveur des Russes , et d'abandonner aveuglément aux bontés de l'impératrice sa propre destinée et le sort de sou royaume. Il lui fut enjoint d'employer ses troupes à combattre les confédérés ; et après avoir vainement tenté d'armer les Polonais contre les Turks , ou voulait du moins les armer une seconde fois contre eux-mêmes.
Le roi soutint avec fermeté ce nouvel orage. Il répondit : « Que son unique désir était de pacifier la Pologne , et qu'il voulait, avant de s'engager, savoir quelles lois seraient enfin imposées à la république ; qu'il s'était livré aux persuasions du prince Repnin ; que cette confiance l'avait couduit au bord du précipice , et qu'il fallait désormais l'excuser, s'il voulait un engagement public et inviolable. » Wolkonski continua d'exiger une entière soumission; il demanda expressément que les deux oncles du roi et les autres ministres n'entrassent plus dans aucun conseil. Le roi refusa avec la même constance d'y consentir, et par leur conseil même,
(l) Pour les détails et les motifs de la disgrâce de Repnin, voyez les Mémoires du duc de Lauzun, déjà cités, pages 8G et î)S; Paris, 1862.