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XIV. Seconde escadre, et les projets d'Elphinston qui In

commande.

Une seconde escadre, composée de quatre vaisseaux, deux

frégates et deux corvettes, se préparait encore avec îa même célérité dans les ports de Russie. Forcer les châteaux des Dardanelles, franchir le détroit qu'ils défendent, entrer dans la mer sur laquelle Constantinople est bâtie , ouvrir l'autre entrée de cotte nier à une flotille qu'on préparait aux embouchures du Tauaïs , se faire joindre par ce nouvel armement dans le port même de Constantinople , bombarder cette ville et le sérail, telle était, disait-on alors plus hautement, la destination de cette seconde escadre. Elle était commandée par Elphinston , Écossais , dans les premières années de la vieillesse, nourri sur les vaisseaux, connaissant toutes tes mers, et sans avoir jamais commandé en cher, ayant acquis une grande réputation dans les combats des flottes anglaises. C'était lui qui , au siège de la Havane, avait conduit les chaloupes du débarquement dans les plus dangereux parages. Le succès qu'il avait eu en cette occasion fameuse , lui persuadait qu'il pourrait franchir les Dai> danelles. Il en avait répondu sur sa tête à l'impératrice , « pourvu , lui disait-il , que vos misérables vaisseaux puissent arriver dans les mers de l'Archipel ». Il s'expliquait à Pétersboug même avec le mépris le plus outrageant sur l'incapacité des mariniers russes, et sur la mauvaise construction des bâtiments qu'on lui avait confiés. « La décadence de la marine ottomane et l'iropéritie de tous ceux qui la commandaient pouvaient seuls, disait-il, égaler ce qu'il trouvait à Pétersbourg. » Mais la tzarine lui répondait :« Que l'ignorance chez les Russes était celle de la première jeunesse; et l'ignorance chez les Turks celte d'uue vieillesse imbécile ». On travaillait sous les yeux d'Elphinston à refaire toute son escadre ; el la fortune commençant dès lors à favoriser cette expédition, qu elle sembla s'attacher à protéger constamment , et qui a eu tant d'influence sur l'événement général de la guerre , un hiver moins rigoureux que

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de coutume permit encore à Elphinston de sortir des ports de Russie avant d'y être enchaîné par les glaces. Il conduisit son escadre en Angleterre , s'abandonnaot sur ces vaisseaux aux mêmes violences dont il avait rendu témoin toute la cour de Russie , et ne commandant aux autres navires qu'en tirant à boulet sur eux. 11 ne craignit point d'annoncer à Londres le dessein de franchir les Dardanelles , qu'une vieille réputation représentait encore comme inexpugnables, et de bombarder ensuite Constantinople. 11 disait au milieu de Londres , avec la franche simplicité des marins de cette nation : « Il y aura d'abord un combat naval ; nous le gagnerons, si Dieu le veut ; et de là, nous viendrons à bout de ces fameuses Dardanelles, aussi facilement que je bois ce pot de bière ».

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