XVIII. Plan général de la campagne des Russes, en
Depuis le départ de cette escadre , la guerre avait entièrement changé de face ; et désormais le soulèvement de la Grèce n'était plus pour l'empire de Russie une dernière ressource , une tentative inspirée par le désespoir. La dispersion totale de l'armée ottomane , à la Gn de la dernière campagne, l'irrémédiable indiscipline des troupes turques , l'inexpérience de leurs généraux , leur longue et ancienne négligence dans toutes les parties de l'administration militaire , autorisaient l'espoir et le projet de détruire entièrement cet empire. Les Russes donnaient pour un plan positif des opérations qui allaient commencer dans cette seconde campagne , tout ce que l'ambition la plus démesurée pouvait concevoir de plus romanesque. La Grèce soulevée, les Dardanelles forcées, une autre flotte russe descendue des embouchures du Tanaïs , une armée passant le Danube , une autre armée arrivant d'Asie sur la rive du Bosphore , et les Russes se réunissant ainsi de l'orient, du midi , du nord et du couchant, sous les murs de Constantinople , tel était le plan qu'on supposait à Catherine ; et les différentes entreprises de cette princesse donnaient en effet quelque lieu à ces étonnantes suppositions. Jamais aucun souverain , attaché à la destruction d'un empire ennemi , n e chercha , avec une animosité plus entreprenante , à porter cette destruction dans toutes les provinces , à séparer et à démembrer toutes les parties de cet empire, et à en produire tout à coup la dissolution totale. Elle travaillait à faire soulever tout à la fois toutes les différentes nations que les