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Wt BËVOLUTIOKS
voyé en Suède pour y bâter le tiiwipbie pQH**' tifical.
La mort de Catherine, en 4 583» modéra le wU de Jean; on lui avait fait espérer les duoliés de NapleSfdeBari et de Rossani, sur le^uel^ sa femme exerçait îles prétentions ; mais cette promesse, non plus que celle que lui avait faite le saint^père d'ap* puyer les intérêts de la Suède dans le traité de paix qui fut conclu à la même époque entre la Russie et la Pologne» ne fut suivie d'aucun e^t. Soit inconstance, soit découragement, on plutôt parce que Catherine n'était plus, il favorisa la réaction des protestants, qui fut plus prompte en-^ core que ne l'avait été celle de la religion latine. Cependaiit il tenait par amour«propre à la liturgie qu'il avait adoptée, et qu'il regardait comme de* vant opérer la réunion des deux partis; il imposa même des peines sévères à tous lea prêtres qui refuseraient de s'y conformer, ce qui fut la cause de nouveaux troubles et de nombreuses persécutions.
Le mariage du roi avec Gunnila Rielke, qui avait été dame d'honneur de Catherine, souleva des m^ contentenientSi, et donna plus de consistance aux démêlés qui s'élevaient sans cesse goitre le* prince et le duc Charles, au sujet des domaines et des droits de ce dernier, tant en Suède qu'en Livonie.
DES PSUPiES DU nORD. 55»
l/ekction da Sigismood au trône de Pologne mettait la Suède dpns pue position particulière, le jçuiie prince étant appelé par sa naissance à auccé* der au royaume paternel. La noblesse voyait dans cette éveiitualité une occasion favorable pour ressaisir s^$ ancien» privilèges; les statuts de Calmar I rédigés par &ic Sparre, et relatif au gou* vernemeQt des d^u^ Etats, expriment assez fidèle-* ment cette situation qui n'était pas sans rapport avec l'ancienne union sous les princes de la maison de Danemark. Les articles principaux de ces statuts portent que la liturgie de Jean pourrait recevoir quelques modifications par un concile qui serait prochainement convoqué en Suède, et que Sigismond n'avait aucun droit d'y rien changer; q«ie la Suède et la Pologne feraient une alliance offensive et défensive contre la Russie; que les deux. Ëtat« conserveraient leurs lois et libertés, et que les membres du gouvernement seraient choisis parniii les indigènes ; qu'après l'avènement de Sigismond au trône de Suède, lés affaires seraient administrées ^ lui présent ou absent, par sept seigneurs, dont un serait à la nomination du duc Charles ; que les droits du duc resteraient tels qu'ils avaient été fixés par le demieir décret, et que le roi lui confirmerait, ainsi qu'aux comtes et barons, après la prés-
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tation du serment, des fiefs héréditaires ; que les hautes dignités du royaume seraient conférées à ceux que le sénat présenterait à la nomination du roi ; que ni les deniers de TÉtat^ ni le matériel des arsenaux, ne pourraient être transportés hors du pays. Les questions de guerre, de paix ou d'alliance, ne pourraient être résolues sans la participation du sénat ; aucune ordonnance royale, émanée de Pologne, n'aurait force de loi en Suède sans leur consentement
Tout Suédois ne pourra être jugé qu'en Suède, et d'après la loi suédoise ; Pappel des jugements rendus en Llvonie ressortissait du s^at, les provinces conquises ou dépendantes du royaume ne pouvaient être administrées que par des Suédois, et selon la loi suédoise ; en cas de révolte, les deux pays étaient solidairement engagés au rétabhssemeut de Tordre. Sigismond devait être couronné par un archevêque suédois non catholique : son fils aine lui succéderait, par droit d'hérédité en Suède, et en Pologne, s'il était désigné par l'élection ; le second fils serait investi d'un dudié en Suède, mais il ne pourrait posséder en totalité ni la Finlande, ni la Livonie. Ce traité, conçu dans on intérêt purement aristocratique, avait été ratifié sans que le duc Charles en eàt en oonmissanoe.
Jean se trouvait îsôlé depuis l'absence, de Sigismond. Plus d'une fois les prétentions de la noblesse le rapprochèrent du duc Charles; mais bientôt il se livrait, à ses soupçons et à ses emportements naturels. En >I588, après des communications tenues secrètes entre les deuit rois, Jean publia un décret qui annonçait au peuple la levée d'une contribution de guerre en nature, et d'un impôt en argent à titre d^emprunt; il ordonnait en même temps aux nobles d'équiper les cavaliers selon les prescriptions de la loi, les engageant à faire preuve de zèle, parce qu'il était résolu à prendre lui-même la conduite de la guerre. Malgré la disette et la peste qui désolaient le Nord à cette époque, et en dépit des remontrances du sénat, Jean déclara qu'il irait en Livonie, dût le peuple tomber sous le fléau comme l'herbe sous la £aux du moissonneur. Telle était son impatience, qu'il n'attendit pas que les troupes fussent prêtes, et qu'il s'embarqua à Stockholm, pendant un fort orage, avec la reine, le prince Jean qui venait de naitre, les principaux sénateurs et les troupes qu'on avait pu réunir. Il parait que l'intention du roi était de ramener Sigismond en Suède, et de le fixer auprès de lui en lui laissant le gouvernement des affaires. Ces bruits mécontentèrent les Polonais et les Suédois. Jean
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fut obligé de quitter Revel, tour à totir ^up(>lié et menacé par les chefe, qui allèrent jusqa^à lui déclarer qu'il» déposeraient les armes s'il s'obêtlMtt à poursuivre sla guerre dans des ciroonstaneeê éi désastreuses* Jean, mécontent des nobles et sépirré de son fils chéri^ rendit toute sa faveut ait àûc Charles 9 qui fut chargé du gouvememôM 'du royaume. Les deux années suivantes furent remplies par les tracasseries et les persécutions que la noblesse eut à endurer de la part de Jean, et par la guerre contre les Russes, qui rendit eei derniers maîtres de toute Flngrie ; la belle défense de H<>fn dans Narva sauva toutefois l'honneur des armés suédoises. Sigismond avait signé la paix pour la Pologne ; il avait obtenu pour la Suède un ârmi^ stice d'une année. Jean expira au château de Stockholm, en 1592. Le duc Charles envoya son 0é^ crétaire à Sigismond pour lui notifier la mort de Jean, et l'informer qu'il gouvernait la Suède^ conjointement avec le sénat, jusqu^à l'arrivée du nouveau souverain y il réclamait en niéme temps la médiation du roi dpns les négoeiations entamées avec la Russie «
Charles ne négligeait rien pûur attacher à ses intérêts les grands de Suède; il rappela ceux qui avaient été exilés sous le rè^e précédenly
DES PËORÉâ îftJ NORD. S4S
âtix autres la libené aVec lent fortune, soit que leur dî8gi*âde provint de di^seutîments religieux ou de cause» politiques. Sigismoud approuva cette modération^ et confirma Charles dans le . commandement provisoire que lui avait conféré lé Sénats
Déftix partis se formèrent en Suède : Fun &vorable à Sigismoud, l'autre au duc Charles. Dans le éonfiit qui ne pouvait manquer de s'élever entre les deux princes, les sénateurs entrevoyaient un accroissement de puissance, soit en servant les intérêts du duc contre le roi, soit en représentant en Suède l'autorité dtt prince légitime obligé de résider dans un royaume éti*angèr. Charles demandait la convocation des états généraux, selon la coutume suédoise à l'avènement du souverain, et feîsait valoir la nécessité de définir nettement k quelles Conditions où livrerait la cOUrOnne à UU prince qui ne professait pas la religion du pays.
Le synode d'Upsaïa s'ouvrit au commencement de Tannée i39à : on y confirma les libertés religieuses de ïa Suède, et toutes les innovations introduites dans le culte et la doctrine sous le règne précédent furent abolies; on adopta de nouveau le Catédilsme de Luther et le rituel dé Laurentius Pètrl. Ainsi k liturgie de Jean fut abandonnée
presque sans réclamation. Cette décision^ qui fixait l'état religieux de la Suède, devait bientôt changer la face de l'Europe. Vers la même époque, Henri de Navarre écrivit à Charles pour lui proposer de former une grande lutte protestante. D'un autre côté, Sigismond prenait pour épouse la princesse Anne, petite-fille de l'empereur Fer- (I^iiand. Peu de temps après son mariage, il se rendit à Stockholm, où le duc Charles vint le recevoir. Le roi ne cachait point le mécontentement qu'il éprouvait de l'issue du synpde d'Upsala; et le duc, traité avec peu de ménagement par les sénateurs du parti polonais, se retira en Finlande. Bientôt les jésuites qui avaient accompagné Sigismond, et les prêtres de Stockholm, s'attaqpèrent dans leurs sermons, soutenus les uns et les autres par leurs adhérents; dans ce conflit, le sang coula dans les églises, et la protection du souverain enhardit les catholiques. L'année suivante, les états s'assemblèrent pour la solennité du couronnement, et pour celle dés funérailles de Jean III. Cette dernière céréiW)nie fut l'occasion de graves désordres : le légat du pape fut chassé de la procession, et l'on menaça de mort les jésuites s'ils osaient mettre le pied dans l'église ; plusieurs personnes affirmèrent avoir vu le sarcophage de Jean couvert de sang. Le duc^ qui
assistait aux fuBéraïUes, s'était fait accompagner de trois mille cavaliers et fantassins. « Si Sigismohd veut être votre roi, dit-il aux états, il faut qu'il accède à vos demandes. 9 II déclara au roi qu'il devait feire toutes les concessiops . avalât son couronne* ment ; son discours fut accueilli par les acclamations du peuple ; les paysans lui offrirent la couronne, mais il leur imposa silence* Les états, prosternés et en prières, s'engagèrent unanimement à défendre les résolutions du synode.
Un catholique ne pouvait remplir aucune fonction ; le Suédois qui abjurait sa foi ou qui faisait élever ses en&nts dans la religion catholique, perdait sa nationalité ; enfin les catholiques seraient tolérés dans îe royaume, mais ils ne pourraient exercer leur culte que dans la chapelle du roi (4 ). Sigismond se vit forcé d'accepter ces conditions, et le même jour il fut couronné dans la cathédrale d'Upsala, par l'évéque de Vesteras. Les droits de Charles comme duc furent reconnus sans contestation.
Le roi viola bientôt après ses promesses; le comte Eric Brahé, catholique zélé, fut nommé gouverneur de Stockholm; on fonda des séminaires; il
(4) G«Ier.
ti'y avait pltis de sûi'eté pour les protestants, qtii étalent obligés de s'armer pour se rendre à l'église. Les pirôvinces eurent des gouverneurs particuliers; il semblait que le roi prît' à tâche de jeter le dés»ôi^té et là (Confusion dans le pays j pour le totoét dé guei?rë lassé à se rétirer sans conditions sous son autorité. Lés choses en étaient à ce point, lorsque SîgîSmônd partit potir la Pologne. Le sénat exigea qu'il constituât le gouvernement en son absence, et le duc fut autorisé à administrer lé royaume conjointement avec les sénateurs ; mais les gouverneurs dé provîtices, forts de la protection royale, i^éftisaient d'obéir, et le peuple, ve«è par tous cm despotes, éclata efl plaintes et en murmures. Lés privilèges de la noblesse^ exposés dsWs l'écrit connu Sôus lé tidiil de Pôêfulata nobilitim^ avaient été confirmés par Sigisiiiondj cependant elle n'était pas encore satisfiaite, et le sâiat, appelé à partager le gouvernement de l'État avec le duc, crut poutôit s'attribuer une part de la prérogative souveraine. La constitution rédigée par Eric Sparre, et qu'adopta le roi, en ofFre la preuve. C'était une oligàtchie dominée par le Sénats décidant des affeîi^ à la majorité des suffrages. Charles rejeta l'interprétation qu'on voulait donner à la décision royale. Il représenta que, d'après les lois de Suède,
DES f Etl^LES DU NORD. 347
le sénat délibérait comme conseil et non comme souverain. Pour ce qui rejjarde le gouvernement, écrivait-il au sénat, il n'y a pas de règle plus sûre que la loi de Suède et le serment du roi. Avant le départ du roi, le duc avait communiqué un projet dont ces priîicipes étaient la base ; mais Sigismond ne savait iprendre que des demi-meSures : il s*appuyait sur le sénat qu'il craignait ; il augmentait la garde polonaise, mandait une flotte de Dantzik, et, s'éntourânt exclusivement d'étrangers, il excitait, par une partialité intempestive, la rivalité des Suédois et dés Polofiâiè, aU lieu de leur. accorder une égale protection. Charles accepta les fonctions de régéht, et aésuiïia la tâche difficile de comcilier tant dHntérêts opposés.
Vers cette époque, en 1804, îiaquit Custave- Âdolphe àil diâteau dé Stoôkhôliil. Charles solennisâ la liaiséance de son fils par lé rétablissement de PUùîversilé d*Upsala ; et l'année éirivante, on conclut avec la Russie la pàiïdèTeusin. Narva, Rével et toute l'Ësthonie i*estaîéût au pouvoir des Suédois, qui devaient restituer Kexhôlin et le territoire dépendant de cette forteresse. Mais la guerre civile qui éôlata en Finlande retarda l'exécution de ce traité, dont la ratification définilive n*eut lieu qu'en 4Sd7. Nouô passerons ëous silence les
démêlés qai s'élevèrent entre le duc et le sénat, et qui furent suivis de la diète de Sôderkôping, où les , nobles furent obligés de plier. De nouveaux troubles amenèrent celle d'Ârboga qui consolida le pouvoir du régent ; dès lors il entra ouvertement en lutte contre Sigismond. Le roi passa en Suède, décidé à reconquérir son' royaume; Stockholm se déclara pour lui, mais la Suède proprement dite, la Dalécarlie et le Norrland, soutenaient le parti de Charles. Ce dernier, enveloppé par les Polonais, était perdu sans la générosité du roi, qui lui fit dire qu'il pouvait se retirer. Les négociations furent reprises ; mais Charles, dont la flotte venait d'arriver, exagéra ses prétentions, et les hostilités recommencèrent.
Le combat de Stàngebro, où l'armée royale fut entièrement défaite, eut pour résultat le traité de Linkôpin^ dont les conditions, violées par Sigiamond, portèrent Charles IX su^ le trône de Suède.
Sigismond venait d'abandonner son royaunae sans délier toutefois ses partisans du serment d'obéissance qu'ils lui devaient, et laissant leurs biens et leur tête à la discrétion d'un vainqueur irrité. Stockholm, Calmar et Elfebourg étaient encore occupées par les garnisons de ce prince, qui avaient ordre de résister aux armes comme aux sëductiont
de Charles , en attendant un prochain secours. En Finlande il fit publier qu'on livrerait au pillage le^ propriétés de quiconque entretiendrait de«inteUi-^ gences avec le duc. Les projets du roi, pour recouvrer le pouvoir en Suède, échouèrent tous faute de prudence et de résolu tion\La réaction contre le parti royal fut rapide et sanglante ; la prison, l'exil ou la mort, atteignirent les nobles qui s'étaient attirés la haine de Charles, qui était plus porté par caractère à user de rigueur que de clémence. Jean Sparre, gouverneur de Calmar, fut accusé et mis à mort après la prise de cette ville, et dans les places de Vibourg et d'Abo, vingt-huit têtes tombèrent sous la hache de l'exécuteur. Le sang le plus précieux de la Suède coula dans cette période de vengeance, où, sous le voile du patriotisme, l'avarice et l'ambition* se donnèrent pleine carrière.
Les états expédièrent à Sigismond un acte formel de destitution, mais le roi n'en tint aucun compte et fit mettre en prison le messager.
Charles, après avoir rétabh l'ordre eu Suède, résolut de porter la guerre en Livonie^ presque toutes les forteresses ton)bèreht en son pouvoir, mais il échoua devant lîiga. La Pologne s'émut enfin ; le roi manifesta l'intention de prendre lui-
même la conduite de la guerre ; cependant il renopiça h ce projet et lais6a le commaudçipent de l'arpiée à Zamoïski, Alors les affaires changèrent de face, et les Suédois perdirent presque tous leurs avantages, La position de Charles n'était pas encore nettement définie # il professait un grand respect pour la légitimité, et cependant la force des circonstances l'avait armé contre ses frères et sou neveu. Ce même prince, qui avait sacrifié taiit de nobles victimes à spn ressentiment, et qui ?e croyait en droit de consommer la déchéance de Sigi^ mond, déserteur de son royaume, et infracteur du testament de Gustave- Wasa, regardait Jçan, frère du roi de Pologne, comme l'héritier légitime de la couronne de Suède. La guerre de Livonie, l'attitude de la Russie et du Danemark^ tout était pour lui péril ou menace. La disette et la peste déso* laient la Suède et la Finlande, le mécontentement
était général. Le clergé lui-même, auprès duquel Charles ne passait pas pour orthodoxe, semait partout des germes de résistance.
Au miheu de toutes ces difficultés, il parvint à maintenir son autorité à force d'énergie et de conviction. Sur les instances réitérées du sénat, et après le refus du duc Jean, il accepta la couronne en 4 60A i Gustave-Adolphe fut reconnu prince royal, et son
DES PECPUSS DU IfORD. 594
frère cadet , prince héréditaire dit raynume, $'i]$ ne laifisaiait pas d'enfimte mâles, noa plus que le duc Jean, la couronne devait passer à 1^ fille ^înée du roi. Tel fut l'acte de succession de Norkôping, en Tcrtu duquel le droit de sucQçssioii dans la maison de GustavC'-Wasa fut transporté à Charles et à sa postérité. *
En 1605, Charles perdit en |!4vonie la bataille deKexholm; mais, vaincus ou victorieuse^ les Suédois préludaient déjà par des actes héroïques aux succès militaires qui, sous le règne suivant, devaient les rendre les arbitres de TËurope. En 4 6Q9, un traité d'alliance rapprocha le tsar Schouiski de Charles, et Jacques la Gardie et IJorn battirent les Polonais qui soutenaient le second faux Dmitri (1). Â la diète de l'année 1609, le roi demanda de nouvelles contributions pour la gi^erre ; irrité par la résistance de la noblesse, il parla avec tant de feu, que les premiers symptôme d'apoplQxie se ma^ nifestèrent. Depuis ce jour, ses forces déclinèrent sensiblement, quoique son activité restât la mém(9.' La guerre avec le Daneiparlç. devenait iinminente; les motifs en étaient l'ancienne querelle des trois couronnes, les interdictipns fiiites par le
(I) Voyei U chapitre XXVll de ce volmoBy an i^e ila Sdumiaki.
roi de Suède concernant le commerce de Riga, et les différends entre les deux cours sur la délimitation de leurs frontières respectives en Laponie. Les plénipotentiaires de Charles et de Christiern IV s'étaient réunis à diverses reprises^ mais sans pouvoir rien conclure. Charles, qui désirait éviter une rupture, envoya son fils Gustave-Adolphe en Danemark; mais plus la Suède se montrait conciliante, plus Christiern crut devoir profiter de circonstances que la mauvaise santé de son rival et la jeunesse de Gustave lui faisaient regarder comme favorables. Les états furent convoqués à Orebro en
1610 ; le prince héréditaire y parla pour la première fois, parce que le vieux roi ne pouvait feire connaître son opinion que par des signes ou des paroles interrompues. Il repoussait avec emportement les propositions pacifiques des états qui s'iniposèrent extraordinairement^ soit par déférence, soit parce qu'ils comprirent que la guerre était inévitable. En effet, les hostilités commencèrent en
1611 par l'attaque et la prise de Calmar. La citadelle manquait de munitions ; le gouverneur Christersson fut obligé de capituler, et, craignant le ressentiment de Charles, il passa aux Danois. Cette conduite irrita tellement le vieux roi, qu'il envoya à Christiern un cartd, auquel on ne fît qu'une ré*
ponse injurieusç. Cependant les plénipotentiaires d'Angleterre et de Hollande ne négligeaient rien pour rétablir la paix dans le Nord. Charles quitta son camp pour tenir une nouvelle diète ; il tomba malade en chemin , et mourut à Nikôping, en 1 614 , à rage de soixante ans. Ce prince avait donné à la Suède le premier code de procédure. 11 ordonna à tous les sénéchaux et juges de présider en personne les tings aux époques fixées ; s'occupa d'améliorer toutes les branches de l'industrie, et régla les privilèges commerciaux des villes selon leurs ressources et leur situation. On lui doit la fondation de Gothenbourg, ïa seconde ville du royaume, n avait sur le commerce et sur l'industrie des idées plus avancées que ne le comportait son siècle. L'exploitation des miùes et la fabrication reçurent quelques encouragements sous son règne ; enfin, les travaux du cadastre, commencés sous Gustave Wasa, furent terminés par son iils. On est étonné qu'au milieu des guerres civiles et étrangères, ce prince ait trouvé le temps de faire tant de choses, et que la même activité inquiète, qui lui faisait souvent dépasser le but dans les circonstances périlleuses, se soit renfermée dans une juste mesure lorsqu'il s'agissait d'établissements utiles, qui semblaient exiger surtout de la maturité et de la réflexion.
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