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CHAPITRE XXXII

Xlbi^itine fi^§i% été s^rée de hQmm beuf e d^ k cfîneJ^i^-£lQP#9^^; eliei^sta aoui» I9 wrvfeiUaoeft (|/e sa tante , k jH^n^ei^ Cadierine , épouse dit çfimt^ pJatin ^iepn Cpsimir, e( :9eeikr de Gastavier ^djpjlpliçv Les rapports qiui 6'étaient élablia entre la '^ni^ rewe €t soii oousm contribuèrent à port^ p]iiaa /^d Cbarl^s^^ustaye sur le trône de Suède>

À 4û(-bnit fWi CDirîftiae lisait lea«u4»iiri^Mi

40 BÉVOLtJTIONS

le français. Ces occupations fortes donnaient à tontes ses paroles un tour sérieux. « Il en est des dignités, disait-elle, comme des odeurs^ ceux quileis portent y sont presque insensibles. y> Son caractère offre un mélange singulier de saillies philosophiques , de simplicité de moeurs et de railleries piquantes dont l'expression devient cruelle dans la bouche d'une souveraine. Il est difficile de dire si ces singularités tenaient plutôt à sa nature qu^au désir d'exciter l'admiration et l'étonnement. Elle parla des vertus en sage, et sembla dédaigner celles de son sexe.

Torstenson, laissant Kœnigsmarsk en Westphalie, s'apprêtait à attaquer l'empereur dans le cœur de ses Etats.

Au mois de février i 645, il gagna la bataille de Jankowitz sur le maréchal Hasfeld qu'il fit prisonnier; le prince suédois Charles-Gustave combattit vaillamment, etjeut dans l'action ses vêtements criblés de coups. L'empereur se sauva de Prague, et concentra les forces qui lui restaient autour de sa capitale. Forcé de se replier en Silésie, il couronna ses exploits par la prise de Leutmiritz, en Bohême. Les victoires de Torstetison imprimèrent aux négociations une marche plus fr*anche. Au 10 novembre, lorsque Wrangel eut succédé à Torstenson, le

DES PEUPLES DU NORD. 4t

chancelier écrivît aux commissaires changés de sti-» ptder les intérêts de la Suède: « Il y a quatre questions importantes à résoudre. Demanderons- • nous le rétablissement des états ? quelle indemnité recevrons-nous? les états seront-ils tous admis au congrès ? consentirons-nous à la netitralité de là Bavière? n est évident que Tempereur veut réserver à la diète la décision de tout ce qui regarde la constitution de TEmpire. L'esclpvage des états serait la conséquence d'une telle mesure, et nous tomberions dans le piège commun. Tâchez de concilier les vues de la France avec celles des états; et déclarez que nous n'attachons pas moins de prix à la liberté et à l'indépendance des états qu'à l'indemnité qui nous est due. Ménagez cette afiaîré avec adresse^ en stimulant le zèle des^ états, et en les effrayant au besoin sur les suites de leur condescendance. Représentez au ministre français que^ s'il négligeait de nous appuyer dans cette occasion, nos prétentions parficulières s'en accroîtraient né^ cessairelnetit. Nous désirons autant que possible que les choses en Allemagne soient remises dans le même état où elles étaient avant la guerre ; cette condition se lié à celle de notre indemnité. Quant à la fixation de cette dernière, gardez une prudente réserve. Parlez d'abord de nos droits en général, et si l'on

49 I^VOI^TIOMS

a))9r4is J« yif çLp la q^estipp^ voyez jf&ifir ; ^dés^pfc tpute compensation pécuniairç aon^ préjijçi^tQ 4';»h^effoe 4^ gar^pties, JU Sfiède yeut ime compea^wtion réelle, qui répojïçje ppw aipsf (Jjirg 4'^ll^rHièm^» et qi*i sipijt *itué£ k su aonyienancç. I^diq^ez I;ai Ppwéranie ^ )8La^^^, Wismsr, 6f èm^ et Wjefdeû; Eûtes, pjjçmie entrçr dan» vois prjBtmi]ijo^ Sll^g(}ehour^ , lij^erstadt, Miodjen et Q$Oi)lv*lfpk| pour masqujer h ppint principal de» 9égocia,tiop3«f» I^e ixé^ige^ rjiçn pour écpte^.* la nemtr^lita de la Ba vièrj^ j ^ la France objeçtele traité qpe noms ayow Aondu nous-^cnéiues ayec las iief> tprats de jSateet de Bn^ndebourg» représentez que ce sppt d'^xixiem alliés de ]la Suède qu'il était jffir tiird de r^splaoer ^ou8 Tinflueoce de^ n^émes int^ réi^s. Si| malgré yo)» ejEforts, la neutralité de la £^-f yière est déclarée, acceptez*la copime une nécessité, en déclarant toutefois que çiojas ne pourrons jaoïais conapter ^ur une alliance sincère avec la France! Ne perdez pas de yye snrtput que la Po^iépani^ est pour nous de la plus haute importance (4). »

Lorsque Wi^ng^ prijk le commandement, son premier soin fut d'occuper les défilés de la Bphéme, conforiuément au plan tracé par Torstenson ; les

(I) Lettre en chanoeliBr rax eommuiiiref d*Oniâbni€k, 40 wrnm^

DES vmfiJ^ m r^oRD. 40

^es 4^ BavaixÂs et da» liitipériaui^ dieyami «fe îçf n^^ |i l'i^ïV^* ftjijtt^çe et pafeulw Yemmm aa /içlà 4a BpQu)^« H (aet ^ liramarclii^ qm Ja i800p6- «^(JKKt 4^ l^pfws^fs |pi>çilif3U j[^ $iMicè$ de» Suédois, i^^ue^;^ d^r^fl» |2Kr4»ie{Ut QfM^T^mwifear à^Vhiy^, B9mu ^^ l'ia^rwée Inaçaise rastait

9i>te^w 4wrft»t le r€^t$4e la çai]Bpagp«,

k Ifaute Aileinagn^ «t f^lw ]a JSanw^^, le gém^^ d W

la SiliM^, 4'où il ppuvaU; m^iwc^r h Sf o^vie ^u Jb ^hêw^ /^elçiiii ie^ cii»^p99tsy^ipe^ ; m plan na fot oé^ f[^t4qa'eQpart;i^r Wjra99el,qvi¥@a^l:d*^çpraniii W gq^di? 4^ |eld>*mafé^l, ji»a«p«ba wr h Weeer^ 4)poupa Pa4»r])pi9i^ en fmÀvit d'at|eii(|jre Tumiae ism h Rem^é T^eime a't^t i ooocilier l$» di^r £!Ql|;é$ de <»U^ ((^mpagoe avec If^ f &str0ctifid|$ s&x^te^ de «a oour , de 9i(^te qafî la }oiicf:îp]^ de^ deux ^mémwsi ine p^tt s Wectuer (}i3« qoelquea moia fim tmL Vejm&m^ jt'osantae n^esur^ avec deax capir (edaes de cette Teaomiim^ «^ ^retira fsur la Lafaa^ Aprèa s'être asswés de Hwa^ et a'étna emparés 4' AadMEotliMK^ Tunase et .Wmngel te iH^por èr rail: pouF HiWiq0mêmmt h ïkmb^J\»MEié§^fm!t

A4 AÉVOLUTlÔTNfS

Augdoourg, qui fèt délivrée par les Impériaux et lés Bavarois. Turenne prit se? quartiers en Souabe, et Wrangel aux environs du lac de Constance. Eu Bohême, Wittemberg battit Montécuculli, et se retira en Silésie, après avoir mis en ëtat de défense toutes les places fortes qiie les Suédois occupaient en Moravie. Les négociations absorbèrent la fin de Tannée A 646 et le conimèncement de la suivante. La France était parvenue à foire reconnaître là neutralité de la Bavière ; Turenne repassa le Rhin. Cette retraite mécontenta les soldats allemands qui servaient sous les ordres du prince, et dont la plupart avaient été formés à l'école du duc Bernfaàrd dé Saxe. Ils nourrissaient contre les Français une jalousie que le mérite de leur nouveau général avait jusque-là comprimée, mais qui éclata lorsqu'il fut question de lés transporter au delà "^du Rhin ; ils destituèrent leurs officiers, et Wrangel fut obligé, malgré les réclamatioiïs de Turenne, de leur permettre de s'incorporer dans Tarmée de Kœnigs^ mark, dans la (Crainte qu'ils ne passassent à l'enr nemi. La campagne de 1647 n'^ÊErit rien de remar^ quable; le refroidissement entre la Suède et la France semblait annoncer que, sur le point de finir la lutte, les cours influentes^e retranchaient chacune dans leslimitesde leur politique respective. Toute-

fois ce dissentim^ijt pensa être funeste aux Suédois ; Wrangel avait envahi la Bohème et pris Eger, Tout à coup les Bavarois rompent l'armistice ; réunis aux Impériaux, ilslaissentà peine le temps aufeldr maréchal de se replier sur la Misnie et la West'phalie. Le général en chef des Impériaux Mélander, au lieu de le poursuivre et de profit» de ses avantages; perdit un temps précieux à ravager la Hesse dont il avait à se plaindre. Jamaisv depuis la mort de Gustave-Adolphe^ les armées suédoises ne s'étaient trouvées dans un aussi grand péril (4). Ce retard permit à Wrangel de se reconnaître ; mais les Impériaux, dont les prétentions suivaient la fortune des armes, paraissaient moins que jamais disposés à cesser la lutte.

La situation des affaires en 1648 détermina le cabinet du Louvre à se rapprocher franchement de la Suède, pour enlever la paix par des mesures vigoureuses. Turenne reçut Tordre de soutenir Wrangel avec toutes ses forces ; les deux généraux se trouvaient dç nouveau réunis dans la Franconie, au commencement d'avril, ce qui obligea les Impériaux et les Bavarois de quitter les bords du Weser pour secourir la Bavière menacée. Après

(4) Pttffendorf.

41 wenixmam

qMiqiieé lutte» mn^loÊAm, h» «Bien ^imnëiirUld jsusqu^à rinn^^ et Kœliigsiiiai'k §e pofMÀ mt ta Behéme. Lé 34 juillal, œ généHQ^t ^'émpârd d'tmé partie dePragiie^ nommée k petite vîMëy oâ il filS ufi ridbe bothi. Ce £dt le dernier exploit de eeftë giic»rre^ qui s'éteignii à; Tendroh mêllie où elle tttail édatè. Le ïfeste de k Ville fàt dattté par le cdiutege A» hd*»». L'A»«i*e, ,«i »0T»« *• à». !•*•

réditaired mei^oés è U fois du eôté dé la Bobéine et de la Barière^ hâta la eooelii^ioii de là pshc ; eDe fat sigtiée en octobre 1648^ à Munsler et à OsnsM biruck. La Suède «obtint une partie de k Poméra-^ me^ que depuis on appela miédoisej ntie âlitM partie de la Poméranie antés^eurè }nsqt/à rOdiei*, en y comprenant Stettin et GafTtz, leë îleâ de Rugeti ctî de Wollin, atec le» emboucbures de l'Oder, Wiwnor, Brème et Werdén, le fout comme fief de l'Empire (i>

Le traité d'exéeution, qui réglait les lâdéttOihéËf dé l'armée, ne fut signé à Ifurcnberg qu'eu 1656. Cbarles-GUstave^ prince palatin, gênéralisstme âé§ troupes suëdoiges, et Piccoloniini, poUr les inipé^ riau:(, forent chargée de fiàire cxéeuter tous ks artidks de k paix de Westphàlie. On fixa rindeiri-»

(1) JrchiveM du royoïcme. Geler, çhap. XIX.

DES PUUPLtt tiV NORD. «T

dHé pÀniniàire de k Soède & eind xnilfionÉ de (iialers. La jtïrfdîctioû stfédcisé, daM l«f fiefe toti^ cédés, ne fat point soomîsé à Fappel en cour im^ pérîalc, sous la coudîtion que les trîbtniatix jugé-^

raient conformément aux lois de TEmpire (1).

La transaction de Passau ef la paix de î*elfgioÀ servirent de bases au cinquième article dtï traité d'Osnabruck, qui règle les droite des càthoKqties, des protestaïrts et des réformes. H est aisé de com*prendre qa*tfne convention politique, dictée pa* lai nécessité, ne pouvait avoir tme Influeiïce immédiate sur fes (fissetttiments religieux et stir deiS points de conscience. Les hommes d'Etat durent se borner à établir autant que possible, entre les dîjPférentes religions, une balance dont les privilèges et les droits politiques étaient nécessâîrement Texpression. Il feUut, pour ainsi dire, classer le^ inté-^ rets dé religîori dans un cadre politique ,' quant âtf fond des choses, rien n'était améKoré, puisque poui? arrêter les bases de la pacification, en ce qui regardait le dogme, la hiérarchie et les formes èttétîetttè»

du culte, ôû fut obligé de rétrograde! jusqù*à une

époque d'où la dernière guerre était sottie.

Le résultât politique de fe pàit de Westphdre

(1/ îr«ii^ d^Osnabnfck, art. 40.

fot plus satisfaisant, parce qu'il exprimait d'une manière assez fidèle les prétentions et le degré de puissance des États respectifis. La France, qui s'é^ tait agrandie sur le Rhin, devenait le point d'appui des Etats indépendants de l'Allemagne; elle compléta bientôt son système de frontières par la paix des Pyrénées.

L'abaissement de l'Autriche était cependant bien moins rëel que celui de l'Espagne. La grande ferniUe germanique devait s'âpercevoii" tôt ou tard que sa force réside dans l'union, et que la protection étrangère cache un péril plus grand que les prétentions de la maison d'Autriche. Les avantages de la Suède, fondés uniquement sur la guerre, ne pouvaient être durables, parce que les provinces qu'elle gagnait, séparées du royaume par la mer, s'appuyaient naturellement au continent germanique, qui devait nécessairement les absorber. Les provinces annexées à la Suède se trouvaient donc comme le point de mire des États en voie de progrès, et, pour ainsi dire, sous le coup d'un partage éventuel. La Pologne, étreinte de tous côtés et livrée à des dissensions nées d'une constitution vicieuse, n'avait pas assez de profondeur pour réagir sur les Etats voisins. LeBrandenbourg préparait avec prudence et suite sa grandeur future, et h

Russiey sous le règne d'Alexis Michaélovitch, était déjà, tourmentée par le besoin d'essayer ses forces.

Le traité de Westphalie portait donc avec lui le germe de modifications successives; toutefois ce fiit une œuvre de haute sagesse^. parce qu'iLcon* cUia les intérêts du présent, et qu'il demeura le point de départ de toutes les négociations subséquentes.

Tant qu'avait duré la guerre, la Suède, soutenue par une sorte de surexcitation^ n'avait pu en bien apprécier les conséquences ; Iji paix de WestphaUe lui révéla .nettement les difficultés d'un état de choses fondé sur des. avantages éventuels. L'insuffîrsance des impôts, les t^tatives de la haute no« ^lesse pour, s'arroger la domination sur les cnlti-^ vateurs des domaines de la couronne qu'on s'était vu obl^ d'aliéner, ce qui tendait à anéantir Tancien droit du frabc tenancier ; les libéralités de Christine, tout concourait, en jetant du désordre dans les finances, & entraver les ressorts de l'administràtion. L'influence du chancelier s'effoça bientôt au milieu des intrigues et des difficultés qui les disaient naître.

La paix de Westphalie et la prépondérance du parti firançais à la cour de Stockholm furent la cause de sa disgrâce. La reine voulait à tout pris

M UBTÔIiimONS

un aoctommôdemaAt ; te diancsUer dut cédet*, et «a pojiitique se trouva en dé&m en pf édence de t^ raltata quille trouvaient pour aindi dire eu dehofa des mesures qu'il avait si lôugt^ps préparées. L'iUr fiueuce de la haute ûoUesse irrita le clergé et la no* blesse moyenne. La . fermentation gagnait de jouf en jour; on se plaigimit^ dans une foule d'écrita anonymes^ (jue les paysans^ au lieu de foitner Utt état libre dans le royaume, n'eussent en perspec* tive que la servitude. On s'élevait contre l'abus dea dotations; on prétendait que l'impôt, déjà excessif, étak réparti d'une manière inique, etc. En 4650^ lea prêtres^ les bourgeois et les paysans présenté^ rent à Christine une protestation dans laquelle ÛÈ demandaient qu'on red|;ituàt à l'État lés domaines de la couronne^ et qu'on bornât léd privilèges de lâ noblesse. Le chancelier r^sta; mais la requête avait l'assentiment de la reine^ qui jugea plus £ACiIé d'en approuver les conclusions, que de les exécuter ettc'^méme.

Cependant Christine avait reçu quelques ouver** tures d'alliance ; l'électeur Frédéric-Guillaume de Brandebourg avait demandé la main de la jeune reine, qui évita de se prononcer. Le choix du peuple se prononça en &veur du prince palatin Cfaâi^ lea^ wtave. Ce prince, neveu de Gustàve-Âdolphe,

DES PKU»L8S 00 IIORD. M

était né en Suède. Notis emprantoni à rhi«t€«ieii 6«Ier les détails suiyants qui émanent de réflecteur lui-même. « Dans la Mirétffdn 45 juin i6^, en présence du comte Mognus de la Gardie et de l'évéque Johannès Matthias , j'eus une entre^ ?oe arec la reine au sujet de la proposition de mariage que je lui avais présentée. Après quelques moments de silence, elle me dit qu'elle voulait, de^ vaut ces témoins, et à la face de Dieu, déclarer ce qu'elle pensait de moi... Que, quant au mariage^ elle ne medonnai t ni nem'ôtait l'espérance ; mais que Ixlen oratainement elle n'épouserait personne que 'ttoi, si elle prenait cette détermination; que si, au contraire, elle se décidait à rester libre, elle ne négligerait aucuns .moyens pour me' &ire recon^ naître comme héritier de la couronne. «. n Le sai* iiisement m'empêchait de parler ; Sa Majesté répéta ce qu'elle venait de dire, qu'elle n'avait eottsulté que la sûreté et l'intérêt de l'État. £n me confiant le commandement, elle voulait assurer mon avenir et celui de la patrie. Et comme je lui protestais que sa main m'était plus précieuse que tout le reste : «Dieu ne vous a pas feît, me réppnditell«^ pour végéter au milieu d'une petite cour d'Allemagne. » Je voulus lui rappeler ses promessesi mais elle objecta que ce qtt'eUe avait promis par

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inexpérience ne pouvait la lier présentement; qu'die n'avait pas le droit alors de disposer d'une fermé, à plus forte faison de sa personne et d'un diadème. Je lui dis enfin que je ne pouvais avoir l'idée de lui survivre, et que je répugnais aux rigueurs que pourraient m'imposer les circonstances. « Je saurai bien, reprit-elle, arranger les choses de telle sorte, que la rigueur ne sera pas nécessaire, et que, loin d'occasionner des troubles, vous serez en Suède un garant de tranquillité et de paix. »

Ainsi la fille de Crustave-Adolphe, avant même la cérémonie de son couronnement, avait formé la résolution de descendre du trône, comme on peut s'en assurer par la lettre du ministre français Cha« nut à la reine, en réponse à la notification qu'dle lui fit de son abdication (1).

- Au commencement de Tannée 4 649 , elle proposa au sénat de choisir le prince comme héritier de la couronne; elle fit valoir avec éloquence tous les

(1) La Haye, 2 mars 16&I : « Mon seal partage daos le grand detseio de Votre Majesté, puisqu'elle Teut bien que Ton sache qu'elle a eu la jbonté de me le communiquer, est de témoigner partout où je serai, que la première et la plus forte considération qui a porté Votre Majesté à former cette pensée a été le Bien de ses sujets et la sûreté de son état, ma prévenant les confusions et les partialités difficiles à éfiter après les décès des princes souTorains qui sont considérés comme les derniers de la maison royale. C'est le motif qu'il plut k Votre Majesté de me déeoovrir î( 7* a liiC OM. » Arkeaiiolts, dté par Geler.

titres qu'avait le neveu du giànd Gustave à l'hon'neur de régner un jour sur la Suède. Le sénat^ surpris, garda longtemps le silence; enfin une grande majorité s'opposa à un tel projet ; on représenta à la reine qu'il était dangereux de laisser indécise la question d'hérédité ; il Tétait plus encore de fixer ce point du vivant de la reine^ surtout lorsque le succ^seur n'était point son époux. Christine combattit ces raisons avec sa fermeté et son habileté ordinaires. « Elle voyait bien, disait-elle, que le sénat voulait rétablir le royaume électif et le pouvoir aristocratique en Suède. Les plans du drotà et du chancelier, les espérances des familles Oxenstierivi etBrahé, n'étaient plus des secrets. » Et comme on lui objectait les troubles qui naîtraient de la rivalité des princes héréditaires : « Yaut-il donc mieux, répondit^elle, que la couronne soit un objet de dis* corde entre leurs enftints? Proclamez de suite Gharles^justave comme héritier de la couronne, car si je meurs auparavaiit, il est probable qu'il ne montera jamais sur le trône. »

Malgré la résistance du sénat, la reine sut irnposer sa volonté. Charles-Gustave fut choisi pour héritier du trône, dans le cas où Christine mourrait sans postérité. Lorsque le chanceber dut signer ce décret, dont il pénétrait la pensée secrète, il s'é-

elle voulait faire acte d'indépendance, se jouant de ce que les hommes ont de plus sacré; et comme eUe aspiniit à vivre sous un ciel plus doux^ au milieu de toutes les jouissances qui font la vie plu6 complète, elle crut en même tem]^ que l'Italie et la France, où elle avait résolu de fixer son séjour, lui sauraient bon gré de cette saillie bien motns reli- . gieuse que philosophique. L'influence qu'eut sur Christine le médecin Bourdelot, qui la sauva d'une grave maladie (1), fut probablement moins grande qu'on ne le suppose généralement ; cet homme irréligieuxi qui jouitd'ungrandcrédit auprès de la reine^ put bien la détourner des occupations sérieuses j mais hii attribuer lechangement de conduite de Christine,' c'est confondre avec la cause occasionnelle une sim-

pie coïncidence dans les feits. Si Christine eût fidt profession d'athéisme, elle n'eût point embrassé la religion cathohque. Si elle eût été catholique de bojme foi et par un besoin dé conscience, elle n'eût point donné au nionde le spectacle d'une grande et belle intdligence acceptant par système le despotisme des passions les plus vulgaires.

(1) Riunor est aulam svecam TiriB dootit oon ampHns paiera, et sperni illic Htterarum stadia, idqae culpa ^ebulonia cujasdam (Boord6lotn),qiii serenisshné régime animum a seriisstadiis ad ladiera et iii|j)ia tradaierit. Val^ioa à lieixisiaf, lOSO. Voyea ArkenhoUi*

Cependant le sacrifice qu'dle voulait ftire de la couronne, elle ne le consomma point sans hésitations et sans combats. En 1652^ elle céda aux re^ présentations du chancelier. Le mécontentement du peuple et d'une partie de la noblesse, en lui montrant un danger réel dans l'exécution de son projet, sembla l'y confirmer encore ; tant qu'il y eut pôut elle/du péril à balancer, elle regarda comme indigne d'elle d'abandonner le trône. L'abdication, telle qu'elle la voulait, devait étte éclatante, c'est*à-dire complète; il fallut qu'elle parût à tous l'œuvre de sa volonté, et non l'effet d'une appréhension quelconque. Si on eut prétendu la &ire descendit du trône, l'orgueilleuse Christine serait motte probablement la couronne entête.

Lorsqu'un parti essaya de porter sur h trône Charl^*Gustave, elle punit les conspirateurs avec sévérité. En 1652, elle convoqua les États sans parler de son abdication ; et çpmnie Tattitude de la Pologne, du Danemark et de l'Empire était menaçante pour la. Suède, elle demanda et obtint des levées d'hommes et une augmentation • d'impôts. Durant le reste de son règne, le désordre allait croissant. En tête des actes de dotation, on com* ménça à placer la formule : En cm fue oeê biénê

nQi0Up(U encore été iowiUé^ Ua secrétaire cb k éxwr çellerie fut décapité pour avoir veadu quarute*deux lettres de dotation et d'exemption. Elle augmenta la chambre des nobles de huit comtea» de vingtrquatre barons, et concéda plua de quatre cents lettres de noble^e« Parmi ces nobles de nouvelle création figurait le tailleur de la cour. La lé« gèreté de la reine, le mépris qu'elle afifectait pour la religion» altérèrent le sens moral de la naticm; les lettres et les arts, les jouissances du luxe, au lieu de compléter la vie, en devinrent le but principal^ et la civilisation recula ainsi devant les. lumières.

L'envoyé de Çromwel, Whitelocke, qui condlut en 4654 une alliance avec la Suède, parie avec in** dignation de la dissolution de la cour, Christine ne prenait pas même la peine dé jeter un voile sur ses désordres. Le peuple murmurait et portait ses regards sur Charles-Gustave.

Le U février/! 654| la reine philosophe renouvela devant le sénat sa résolution irrévocable de déposer la couronne ; le chancelier, après avoir épuisé toutes les objections, lui dit à la fin ; a S'il faut que cela soit, le plus tût sera le mieux. » Les états furent convoqués à Upsala pour le 21 mai. On convint de donner à Christine les Iles de Gothknd, d'Ôbnd et d'OEsel, la ville elle chftteau de fbiv»

MS PEUPIiSS W HOBS. if.

kopiog) et plusieurs poiuesiioqs en fioméraiiie, dont le revenu s'élevait à detut cent qnannte mille tlialers. Le comte Pierre Brahé rapporte comme il suit les circonstances de l'abdication, que nous traduisons de Ge)er : « Dans la matinée du 6 juin, Ift reine fît sa renonciation ; elle sortit de sa chambre, la couronne sur la tête, le globe çt le sceptre dans la main» vêtue du manteau royal sur une robe de soie blanche; après un discours (1) auquel Ro« aenhane répondit, elle déposa les attributs de la royauté, s'adressa au prince héréditaire, dont le oouronnement devait avoir heu immédiatement, et lui reccmimanda les intérêts dû pays d'un Um à la fois touchant et solennel. . .« Plusieurs fois son émotion fut sur le point de se trahir par des larmes. Quelques personnes présentes ne purent r^ tenir les leurs. Lorsqu'elle dit que sa &mtlle et son règne avaient fini avant que Dieu en eàt fixé Jjp teriùe, sa beauté ajoutait à l'effet de son éloquence. Le roi répondit d'un ton noUe et pénétré. Elle voulait qu^il montât de suite les degrés du tr6ua, mais il s'y reftisa... Le couronnement du piinci eut heu à deux heures (2). »

(4) Voy€f U Diploïïiataire, poklié par MM. Grandjaan et Oii&n. (2) Gkrbtlne «Ttit fait «mbalkr les iapis ti léi m^Mm, iê •«!•

fi*!) IfUal mptwrttf tost 0» toi 4Ut B^iMîrs w

M BEVOLUnONS

Le jour suivant» ChristiiK s'éloigna d'Upsah et s'arrêta quelques jours à Stockholm, où die se confessa publiquement. Douze vaisseaux de guerre Fattendaient à Calmar pour la transporter en Âlle<magne; mais elle prit la route de Halmstadt et passa le $und. Elle avait congédié tous les Suédois^ à l'exception de quatre qui la suivirent. Parvenue à un ruisseau qui servait de limite entre le Danemark et la Norvège, elle descendit de voiture et s'élança sur la rive opposée en s'écriant : « Enfin je sins lihte et hors des frontières de la Suède, où j'espère, bien ne jamais rentrer ! i» La mort d'Axel Oxenstiema suivit de près le départ de la fille de Gustave» Adolphe. Sa conversion à la foi catholique rompit les derniers liens qui l'attachaient à la Suède. Au milieu de la dissipation et des flatteries qui l'accueillirent partout, elle sentit plus d'une fois ce vide que laisse après lui, dans les âmes les plus fortes, la perte d'un trône. Elle renouvela depuis ses prétentions et son abdication dans cette même Suède où elle aurait pu régner avec gloire, et brigua ça 1658 la couronne de Pologne. Il n'entre pas dans notre plan de signaler les fautes qu'elle commit dans la vie privée ; nous nous bornerons à déplorer les aberrations de cette femme extraordinaire qui se trompa de rôle, et qui, ne pouvant égaler son

DES mJPLES DU NORD. «1

père coittme guerrier et comme homme - d*Euit^ vonlut da moins se distinguer comme femme et comme souveraine en &isant servir son génie et se fortune à Téli^igner du but où tendent les plus nobles ambitions.

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